L’opéra Carmen de Bizet, hymne de la Formule 1

Hasan Bratic/SIPA

Consécration d’un Grand Prix, le podium de Formule 1 représente un moment fort de l’événement, entre soulagement et joie. Le morceau, issu de l’opéra Carmen de Georges Bizet, y joue un rôle essentiel pour raviver la tension des spectateurs et des pilotes. Et, ce dimanche, la course au Canada devrait, sauf catastrophe, perpétuer la tradition.

Ce sont des notes instantanément reconnues par les spectateurs de Formule 1 et des mélomanes. Comme chaque dimanche de Grand prix, les trois premiers sont invités à rejoindre le podium pour se voir remettre les honneurs. Un moment attendu tant par les spectateurs que par les participants.

Les 242 victoires d’un pilote Ferrari ont rendu célèbre une oeuvre italienne, Fratelli d’Italia

Après les formalités et la pesée réglementaire, chaque pilote peut enfin rejoindre le podium. Passée la remise des trophées et la communion avec les spectateurs, le vainqueur obtient le droit d’entendre son hymne national.

Suit alors l’hymne de l’écurie victorieuse. Une liesse emplit alors l’ensemble des membres de l’écurie, présents au pied du podium. Forcément, les 242 victoires d’un pilote Ferrari ont rendu célèbre le Fratelli d’Italia, composé à Gênes en 1847 par un certain Goffredo Mameli.

Avec Carmen, Georges Bizet voulait composer « une petite chose dans le goût du public »

Si le traditionnel jéroboam (champagne entre 3 et 5 litres) a définitivement quitté les podiums après plus de 70 ans de règne, les pilotes peuvent toujours s’adonner aux joies de la douche alcoolisée. Mais, désormais, c’est le mousseux italien (prosecco) de la région de Trentin, « Ferrari », qui domine.

Depuis 1967 et la victoire de Dan Gurney aux 24 Heures du Mans, la tradition s’est colportée à la Formule 1.

 

Et, en dépit de victoires françaises régulières nous privant de La Marseillaise, un Français, Georges Bizet, occupe une place prééminente dans la cérémonie du podium avec ses « Toréadors », issu de son opéra Carmen créé en 1875.

Commandé par l’Opéra-comique, le chef d’œuvre, qui se voulait « une petite chose facile et gaie, dans le goût du public avec, surtout, une fin heureuse », est réalisé peu avant sa mort dans le village de Bougival. Le morceau, dans lequel s’opposent un toréro et le taureau, est une métaphore de l’affrontement, non pas à mort, mais en piste, entre les pilotes.

L’Ode à la Joie de Beethoven utilisé jusqu’en 1994 pour accompagner la victoire des pilotes

En dépit d’un cérémonial bien huilé, le choix de la mélodie accompagnant le podium a longtemps été libre. Avant que l’opéra de Bizet n’accompagne officiellement l’air des podiums, l’Ode à la Joie de Beethoven était le plus utilisé.

Finale du quatrième mouvement de la Neuvième Symphonie de Beethoven (1786), l’Ode à la Joie a été adoptée en 1972 par le Conseil de l’Europe comme hymne officiel européen. Symbole d’unité et de fraternité humaines, le morceau a peu à peu été délaissé par l’ancien patron de la Formule 1 Bernie Ecclestone.

Ainsi, lors de la victoire d’Alain Prost au grand prix d’Espagne en 1993 devant Ayrton Senna et Michael Schumacher, l’œuvre retentit. Or, lors de la course suivante à Monaco, Ayrton Senna, Damon Hill et le Français Jean Alesi s’abreuvent de champagne sans musique mais sous les applaudissements des spectateurs.

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Mais, depuis la saison 1994 et le choix fort de Bernie Ecclestone d’apporter un peu de romantisme à la Formule 1, les « Toréadors » ne quittent plus la cérémonie de remise des trophées. Malgré les chamboulements apportés par l’arrivée en 2017 de Liberty Media, nouveau propriétaire de la Formule 1, il semblerait que Georges Bizet devrait continuer d’accompagner les vainqueurs.

Oscar Korbosli

 

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