Ben Glassberg sera de retour à la tête de l’Opéra Orchestre de Rouen-Normandie à la fin du mois. Dans un entretien, le chef d’orchestre britannique revient sur l’origine de la lourde dépression qui l’a contraint à se faire hospitaliser au printemps dernier et sur la pression psychologique que subissent les musiciens de renom.
En avril 2025, Ben Glassberg révélait qu’il avait été hospitalisé pendant plusieurs semaines pour soigner la « grave dépression » dont il souffrait. Quelques temps plus tard, le maestro britannique de 32 ans annonçait sa démission de son poste de directeur musical du Volksoper de Vienne, fonction qu’il occupait depuis 2024.
Au mois de juin, malgré une certaine fragilité psychologique toujours latente, qu’il admet, Ben Glassberg est remonté sur scène pour diriger le War Requiem de Benjamin Britten lors d’un concert à Palerme et a repris depuis, progressivement, son activité publique. C’est ainsi que, du 27 janvier au 3 février, il effectuera son retour à la tête de l’Opéra Orchestre de Rouen-Normandie (OONR), dont il est le directeur musical depuis 2020, pour diriger quatre représentations du Vaisseau Fantôme de Richard Wagner.
Tentative de suicide : « Mon ex-femme a dû m’emmener à l’hôpital pour m’en empêcher »
Dans un entretien au site spécialisé Bachtrack, Ben Glassberg s’est confié sans ambages sur l’origine de l’épisode dépressif dont il se remet à peine. Le chef d’orchestre reconnait qu’il souffre depuis très longtemps de dépression, avouant qu’à 12 ans il consultait un pédopsychiatre. « Je souffrais d’une anxiété terrible. J’avais des difficultés relationnelles (…) À l’université, j’ai sombré dans une profonde dépression et commencé une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ».
La naissance compliquée de son premier enfant puis la pandémie de Covid-19 n’ont fait qu’aggraver ses problèmes psychologiques. Et puis, confie-t-il, en mars dernier « tout s’est effondré. Je n’arrivais plus à me lever. Je me disais : je ne peux pas y faire face. C’est impossible. Je ne peux pas continuer ». Une détresse qui l’a conduit jusqu’à une tentative de suicide. «C’est passé très, très près », reconnaît-il. « Mon ex-femme a dû m’emmener à l’hôpital pour m’en empêcher ». Une situation extrême qui a eu pour effet la révélation de son homosexualité. « Je crois que je l’ai toujours su. Encore une chose que je refusais d’admettre. Pour mon ex-femme, mes enfants. C’était très lourd », admet-il.
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Ben Glassberg estime, malgré tout, que son hospitalisation et ce break obligé se sont révélés bénéfiques, à titre personnel sur sa santé mentale mais aussi pour la réflexion qu’il a menée autour de la pression psychologique qui pèse sur les musiciens médiatiquement exposés. Sans le citer nommément, il évoque le cas de Tarmo Peltokoski, victime à 25 ans de surmenage et qui a dû faire une pause de trois mois à l’automne dernier. « On le pousse à bout et il en fait beaucoup trop. Je peux le dire, car j’en ai moi-même trop fait. Et ça a failli me tuer ».
Les 26 et 27 juin au Théâtre des arts de Rouen, l’Opéra Orchestre de Rouen-Normandie, proposera deux soirées de gala pour faire ses adieux à son directeur musical Ben Glassberg auquel succédera Pierre Dumoussaud à l’issue de sa dernière année de mandat.
Philippe Gault
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