Parce qu’un contrôleur zélé de la RATP a considéré que sa contrebasse était « un objet dangereux », un musicien parisien qui voyageait avec son instrument dans un tramway avait dû payer une amende de 150 euros. La médiatrice de la régie a été saisie du dossier.
On a raconté les galères subies par des musiciens empêchés de voyager en avion ou dans le train à cause de l’encombrement que représente leurs volumineux instruments, contrebasse, tuba et autres percussions. Cette fois-ci c’est dans le tramway à Paris qu’un bassiste/contrebassiste de jazz et professeur s’est retrouvé confronté au zèle d’un contrôleur de la RATP.
Dans ses pages locales, Le Parisien raconte la mésaventure qu’a vécue Clément Thirion quand, début novembre, il a été verbalisé et sommé de payer sur-le-champ une amende de 150 euros parce que, selon un contrôleur, la contrebasse qu’il transportait dans une rame du tramway de la ligne T3a était considérée comme « un objet dangereux ». L’agent lui expliquant que l’instrument, situé près de la porte du tram, pouvait représenter un danger en cas de freinage d’urgence.
Alerté par l’incident, Rachida Dati a adressé un courrier au PDG de la RATP
Mais Clément Thirion, qui n’avait jamais rencontré ce genre de problème auparavant, ne compte pas en rester là et adresse un courrier à la ministre de la Culture. Rachida Dati transfère alors ce courrier à Jean Castex, le PDG de la RATP qui, lui-même, saisit la médiatrice de la régie parisienne. Début décembre, cette dernière a répondu au musicien, lui assurant qu’il serait remboursé du montant de l’amende et, s’appuyant sur des photos prises lors de l’incident, que sa contrebasse n’avait présenté « aucun danger », ajoutant que le contrôleur avait « manqué de discernement ».
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Dans son article, Le Parisien rappelle que, selon le règlement de la RATP, si dans le métro et le RER sont admis les « paquets longs de 2 mètres ou plus, ils ne doivent pas dépasser 20 cm dans leurs autres dimensions » (tels que des skis). En revanche, concernant les bus et les tramways, seul l’encombrement des poussettes et, aux heures creuses, des vélos et trottinettes est évoqué. Mais rien concernant les instruments de musique, contrairement à la SNCF qui a autorisé le transport des contrebasses dans les TGV Inoui.
Dans son courrier à Jean Castex, cité par Le Parisien, Rachida Dati espère « qu’une meilleure formation des agents des agents et des contrôleurs du groupe RATP puisse permettre d’accueillir plus respectueusement les musiciens qui ne causent manifestement aucun trouble à l’ordre public ».
Philippe Gault
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