Qui est Marcin, le phénomène de la guitare classique qui joue aussi bien Bach que Nirvana ?

Crédit : Facebook/Marcin

Il se sert de sa guitare acoustique comme d’un véritable orchestre, les vidéos de ses prestations, qu’il s’agisse de la Toccata de Bach ou d’un tube de Stromae, font le buzz. À 24 ans, le virtuose polonais Marcin est le phénomène musical de ce début d’année, il vient d’entamer à Paris une grande tournée européenne.

Qu’il interprète Frédéric Chopin, Niccolò Paganini, Nirvana, Dr Dre ou Stevie Wonder, Marcin Patrzalek reproduit avec sa seule guitare acoustique le son d’un groupe au complet. La caisse de sa guitare Ibanez lui sert de percussion, qu’il frappe de la paume de sa main droite ou tapote de ses ongles finement limés à la manière d’un guitariste de flamenco. Dans le même temps, ses doigts se déploient à toute vitesse sur le manche pour recréer, dans un même mouvement, la basse, une ligne harmonique et une rythmique.

« Je ne voulais singer personne alors j’ai essayé de faire quelque chose d’unique », résume le jeune homme, qui garde la tête froide malgré sa popularité en ligne. Sur Instagram, ses petites séquences de virtuosité dépassent quasiment toutes le million de vues quand elles n’affolent pas totalement les compteurs. Ainsi son interprétation passionnée et percussive de l’Habanera de Carmen, a été visionnée près de 27 millions de fois. Ses tutos, dans lesquels il explique méthodiquement sa technique à des célébrités médusées, atteignent aussi des scores de visionnage considérables.

Son interprétation de l’Habanera de Carmen, a été visionnée près de 27 millions de fois

Natif de Kielce (sud-est de la Pologne), Marcin Patrzałek n’a commencé à pratiquer la guitare qu’à l’âge de 10 ans et a pu compter sur un professeur de classique qui a « vu quelque chose de spécial en lui ». Adolescent, il remporte le télécrochet Mam Talent!, déclinaison polonaise de la célèbre émission America’s Got Talent, et arrivera quelques années plus tard, en 2019, en demi-finale de l’émission aux Etats-Unis où il était parti étudier.

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Sa virtuosité est telle que certains ont mis en doute ses prestations vidéos estimant qu’elles étaient truquées. « Ça m’ennuie un peu que les gens pensent que c’est faux (…) mais c’est bien que ça fasse parler » déclare Marcin, d’où sa motivation à monter sur scène, non seulement pour communier avec le public, mais également pour prouver que son ébouriffante technique n’est pas un trucage.

A la Maroquinerie, petite salle parisienne où Marcin s’est produit le 17 mars pour la 1ère des 40 étapes de sa tournée européenne, ses interprétations de Nocturnes de Frédéric Chopin ou de la Toccata de JS Bach ont ainsi soulevé le même engouement qu’une reprise de Nirvana. « C’est un heureux hasard si ça plait à des gens qui n’écoutent pas habituellement de classique » en déduit le jeune virtuose polonais pour lequel la célèbre marque japonaise Ibanez a créé et commercialise un modèle électro-acoustique à son nom.

Philippe Gault (avec AFP)

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