Rendre la musique classique accessible aux sourds, sans exclure les entendants : « Ludwig’s Resonance », un pari inédit

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Quand musique et science s’unissent pour rendre l’émotion musicale accessible à tous, personnes sourdes et entendantes ! L’Institut reConnect, l’Institut Pasteur et l’Orchestre de chambre de Paris ont lancé « Ludwig’s Resonance », un projet inédit qui mêle création artistique, recherche scientifique et innovation sociale autour de l’accessibilité musicale.


L’objectif de ce projet est de mieux comprendre comment les personnes sourdes et malentendantes perçoivent la musique afin de créer une œuvre pensée pour elles, sans recourir à des dispositifs particuliers. Musiciens, chercheurs et participants expérimentent ensemble une musique  « inclusive » dans un atelier de travail.

Ils sont 13 musiciens face à une vingtaine de personnes malentendantes équipées de prothèses auditives ou d’implants. Beethoven résonne dans la salle, puis chacun partage ses impressions. Pour Laurence, 77 ans, cet atelier est une redécouverte. Depuis des années, la musique était devenue difficile à écouter.

« C’est très pénible, parce que j’entends des sons très brouillés, c’est presque une musique de supermarché quoi, tout se mélange. Donc finalement, j’écoute plus de musique et je ne vais plus au concert. C’est une grosse frustration. »

Les cordes ont tendance à être assez agressives pour les appareils auditifs

À chaque essai, chercheurs et musiciens recueillent les réactions des participants avec comme objectif : créer une œuvre adaptée à leur handicap.

Paul Avan, directeur scientifique de l’Institut Reconnect explique que « Les cordes ont tendance à être assez agressives pour les appareils auditifs. C’est un travail de fourmi. Chaque extrait est différent : Beethoven, Mozart, Poulenc. On a le privilège d’avoir une compositrice pour nous. » 

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Cette compositrice, Aline Gorisse, suit avec attention le travail en cours : « La première chose que j’aime demander, c’est s’il y a eu des gênes particulières. »

« Est-ce qu’ils ont bien pu entendre les jeux rythmiques ? Est-ce qu’ils ont pu entendre les changements d’accords ? En fonction de tous ces retours-là, moi ensuite, j’écris une pièce. Donc on peut jouer sur les modes de jeu, les timbres, sur les nuances et sur le placement. »

Une création sur-mesure qui sera présentée l’an prochain au Théâtre des Champs-Élysées.

Rémi Pfister

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