Le prestigieux Los Angeles Opera se retrouve sous le feu des critiques après l’examen de ses déclarations fiscales. L’institution californienne a ainsi bénéficié de plus de 27 millions de dollars de financements publics en dix ans, alors que près de 33 millions ont été consacrés aux rémunérations de ses dirigeants. De quoi alimenter le débat.
Comme beaucoup d’institutions culturelles américaines, l’Opéra de Los Angeles est une organisation à but non lucratif bénéficiant d’un régime fiscal privilégié. À ce titre, elle peut recevoir des dons défiscalisés et des aides publiques, tout en étant exonérée d’impôt sur les activités liées à sa mission. Mais certains chiffres, notamment le niveau de rémunération de ses dirigeants, interrogent. D’où l’enquête menée par The Center Square Foundation, un organisme qui examine l’utilisation des fonds publics par les organisations à but non lucratif
Ainsi, il apparaît que le directeur général du LA Opera, Christopher Koelsch, a perçu à lui seul un peu plus d’un million de dollars pour l’exercice 2024-2025, avantages compris. Le cas de James Conlon, directeur musical de l’institution californienne jusqu’au mois de juin dernier, est encore plus spectaculaire. Plus de 7 millions de dollars lui auraient été versés sur une dizaine d’années par l’intermédiaire d’une société de production avec laquelle l’opéra avait passé contrat.
Figure également dans le dossier le nom de Plácido Domingo, ex-directeur général du LA Opera, qui, outre une rémunération conséquente, a également bénéficié de nombreux voyages en première classe jusqu’à son départ en 2019, intervenu suite à des accusations de harcèlement sexuel.
Pas de fraude fiscale établie mais de nombreuses zones d’ombre
Selon la presse locale, rien ne permet néanmoins, à ce stade, d’affirmer que LA Opera a fraudé le fisc américain. Les rémunérations et contrats sont déclarés et l’institution fait certifier ses comptes.
Concernant par exemple les 27 millions de dollars d’argent public évoqués, ils comprennent une part importante d’aides exceptionnelles versées pendant la pandémie de Covid-19 pour soutenir les salles de spectacle. Il serait donc trompeur de les présenter comme des subventions « ordinaires ».
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Le véritable débat porte plutôt sur la gouvernance de ce type d’institution. Aux États-Unis, le financement des grands organismes culturels repose largement sur les dons privés, les fondations et l’argent public. Mais lorsqu’un établissement bénéficie d’avantages fiscaux et de financements publics, la transparence devient essentielle.
How much money have you given to the Los Angeles Opera? Taxpayers spend a lot of money for the fat lady to sing, even more for her bosses.
The nonprofit has taken >$27 million in government grants over the past decade while giving executives $33 million.https://t.co/JrAL702Zza
— Adam Herbets (@AdamHerbets) September 8, 2026
Dans le cas du LA Opera, la controverse n’est donc peut-être pas d’ordre fiscal. Elle est plutôt provoquée par le contraste entre la mission d’intérêt général qu’un établissement à but non lucratif se doit de respecter et les rémunérations très élevées de certains de ses dirigeants.
Philippe Gault
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