« L’opéra est la dernière forme d’art véritablement humaine » selon la soprano américaine Lisette Oropesa

Crédits : Jason Homa

Actuellement à l’affiche de Giulio Cesare au Palais Garnier, Lisette Oropesa a commenté l’inscription en décembre du chant lyrique italien au patrimoine immatériel de l’UNESCO. La soprano américaine défend un art qu’elle estime fragilisé aux Etats-Unis.

Depuis le 20 janvier et jusqu’au 16 février, Lisette Oropesa interprète le rôle de Cléopâtre dans Giulio Cesare (Jules César), le grand opéra de Georg Friedrich Haendel, au Palais Garnier sous la direction d’Harry Bicket. La soprano américaine, d’origine cubaine, en a profité pour accorder un entretien au New York Times et commenter l’inscription en décembre du chant lyrique italien au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

Dans cette interview, Lisette Oropesa estime que « L’opéra est la dernière forme d’art véritablement humaine, avec des voix non amplifiées, des êtres humains qui composent la musique et jouent d’un instrument dans un orchestre. Qu’il s’agisse des costumes, de la direction et même du bâtiment dans lequel les musiciens se produisent, tout est fabriqué par des humains ».

« Le modèle économique de l’opéra aux États-Unis est très fragile »

Interrogée par le New York Times sur une potentielle désaffection pour l’opéra de la part des jeunes générations, la chanteuse de 40 ans admet que « ce n’est pas du goût de tout le monde. Mais les chanteurs de rock ou de country ne plaisent pas non plus à l’ensemble du public. Il y a une oreille pour tout « , ajoutant « Je pense que la communication autour de l’opéra n’est pas adaptée. Si l’histoire est bien présentée et intéressante, tout le monde voudra la connaître ».

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Lisette Oropesa se déclare surtout préoccupée par l’avenir de l’opéra aux Etats-Unis estimant qu’en Europe, « l’opéra et les arts sont généralement financés par des subventions publiques. Il y a donc une garantie que cette forme d’art perdurera. Aux États-Unis, ce n’est pas le cas. Le modèle économique y est très fragile ».

Après des concerts à Vienne et Rome, Lisette Oropesa reviendra au printemps à Paris. La soprano et Benjamin Bernheim, accompagnés par l’orchestre de la Scala de Milan donneront le 26 avril au Théâtre des Champs-Élysées un récital consacrés aux grands airs d’opéra du XIXe siècle.

 

Philippe Gault

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