En Iran, la cheffe Paniz Faryousefi fait résonner la voix des femmes dans la musique classique

Iranian Presidency/ZUMA/SIPA

Ce mercredi et jeudi, Paniz Faryousefi dirigera pour deux représentations l’Orchestre Symphonique de Téhéran. Dans un pays où les droits des femmes sont sévèrement encadrés, le fait qu’une cheffe d’orchestre dirige l’une des plus grandes formations du pays est un véritable événement.

Jusqu’à maintenant, une seule femme, Nezhat Amiri, avait dirigé un grand orchestre iranien, l’Orchestre national d’Iran. C’était en 2018. Depuis cette époque, le régime islamique iranien a durci sa politique envers les femmes et rares sont celles qui accèdent aux plus hautes fonctions, y compris dans la culture et la musique.


La programmation annoncée récemment de deux concerts salle Vahdat à Téhéran que dirigera Paniz Faryousefi à la tête de l’Orchestre Symphonique de Téhéran, une première pour une femme, est considérée par la presse locale comme « un moment historique dans la musique classique iranienne ». D’autant plus que le programme présenté, proposera des œuvres des compositrices iraniennes contemporaines Aftab Darvishi et Golfam Khayam à côté d’œuvres classiques de Robert Schumann, Jean Sibelius et Aram Khatchatourian.

Paniz Faryousefi : « L’art appartient à l’humanité, pas aux hommes ni aux femmes »

Pour la maestra Paniz Faryousefi, ancienne violoniste, formée à la direction d’orchestre en Arménie auprès du chef d’orchestre Aram Gharabekian, « L’art appartient à l’humanité, pas aux hommes ni aux femmes. La présence d’une femme cheffe d’orchestre en Iran peut encore paraître inhabituelle, mais la musique est notre langage universel, et cette question n’a aucune importance entre les membres de l’orchestre et moi ». Son frère Pedram Faryousefi, lui aussi violoniste, sera le soliste de ces représentations.

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La Rundaki Foundation, institution iranienne dont la mission est de « faire progresser et développer l’art conformément à la stature historique, religieuse et nationale », à l’initiative de ce concert, estime que cet événement, intitulé Terre du Simorgh, « symbolise la présence marquante et influente des femmes artistes dans le paysage artistique iranien, une présence qui rayonne non seulement sur scène, mais aussi dans la direction d’orchestre et la création artistique. Il marque une étape importante dans la promotion du rôle des femmes sur la scène musicale classique iranienne, célébrant leur art et leur créativité ».

Philippe Gault

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