Affaire Mila : Qui sont les 13 prévenus qui comparaîtront pour harcèlement en ligne et menaces de mort ?

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Le Monde fait le portrait de ceux qui ont harcelé la jeune Mila sur internet. Ils comparaîtront devant la justice le 3 juin prochain. Hannah Arendt parlait de la banalité du mal, les 13 prévenus, 10 hommes et trois femmes racontent la banalité du harcèlement numérique dont la jeune femme a été victime pour avoir insulté Mahomet dans un pays où le blasphème est autorisé.

« Lacérer le visage de Mila et laisser son corps pourrir dans un bois »

Vous lisez que Meven B.,  qui lorsque Mila a été lynchée, a twitté notamment « Mettez un coup de machette à cette grosse pute de Mila ». Le jeune homme de 24 ans se justifie devant les gendarmes « Le lendemain de ce commentaire, pour moi, c’était déjà terminé, d’où ma stupéfaction ce matin lorsque vous êtes venus chez mes parents. J’étais exaspéré par ce que je voyais. Pour moi c’était logique de me révolter. Toute forme de discrimination me révolte. » Ben voyons. Ceux qui ont insulté et appelé à la violence contre Mila à l’automne 2020 sont des athées, des musulmans, des catholiques dont le casier est le plus souvent vierge. Il y a aussi Jordan L, 29 ans, cuisinier au chômage, il a suggéré de « mettre un coup à Mila, elle arrêtera comme ça de faire chier le monde cette mal baisée ». Lui dira aux gendarme « Mon tweet, c’est rien franchement. Pour moi, la justice a des choses plus importantes à gérer ».

 

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Les prévenus risquent 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende

Et plus loin, dans le Monde, Jordan invoque la liberté d’expression. Un comble. Naissata est musulmane pratiquante, elle a été choquée par les propos de Mila sur l’Islam et avait besoin de laisser sortir sa colère, l’étudiante de 23 ans, en licence de psychologie a donc écrit dans un mail qu’il fallait « lacérer le visage de Mila et laisser son corps pourrir dans un bois ». C’est pas mal pour une étudiante en psychologie. Enzo C., catholique pratiquant, a partagé sur internet ceci « tu mérites de te faire égorger sale grosse etc… ». Naissata et Enzo, qui a supprimé ses tweets, regrettent. L’un d’eux explique ceci aux enquêteurs : « Derrière un écran tu as plus confiance. Tu te dis que tu ne vas rien avoir, mais vous voyez, c’est faux, je suis là. Toute bêtise se paye ». Les prévenus risquent deux ans de prison et 30 000 euros d’amende pour harcèlement, et trois ans et 75 000 euros pour les menaces de mort.

David Abiker

 

 

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