Uber Files : Fini la dépression, Emmanuel Macron est de retour au combat

Eric TSCHAEN-POOL/SIPA

Face à la polémique Uber qui commençait de plus en plus à enfler, Emmanuel Macron a décidé de passer à l’offensive. Un moyen pour le président de la République de réaffirmer sa combativité face à ses détracteurs et d’assumer son identité d’un chef d’Etat capable d’apporter des changements significatifs dans le pays.

Emmanuel Macron affirme qu’il n’a rien perdu de son identité de réformateur

« Je le referai demain, je le referai après-demain ». Emmanuel Macron a donc choisi de réagir à sa mise en cause sur le dossier Uber lorsqu’il était ministre de l’Economie. Une riposte dont l’angle et la portée nous questionne. En effet, Emmanuel Macron voyait que le buzz se faisait sur un supposé deal passé avec Uber en 2015. Il ne se faisait pas d’illusions sur les intentions de la gauche quant à l’exploitation de ces informations. Il savait enfin que la question lui serait posée lors de son interview télévisée du 14 juillet. Deux choix se présentaient donc à lui : être dans l’attentisme et sur la défensive ou être à l’offensive. Le chef de l’Etat a donc vraisemblablement choisi la deuxième option. En effet, sur le fond, il s’agissait d’« assumer », pour reprendre son verbe, une action qui a consisté à s’attaquer aux rentes, en l’occurrence celle des taxis. Il clame également que son action a permis de faire évoluer le cadre juridique afin d’attirer des investissements, et donc de créer des emplois. Il le répète aujourd’hui pour répondre à une polémique ou à des soupçons, mais sa réponse a aussi une portée plus vaste. Cela fait un petit moment que l’on dit d’Emmanuel Macron qu’il est réformateur, disrupteur et l’ami des start-up en veilleuse. Par sa réaction, le président a surement voulu dire qu’il n’avait rien perdu de cette identité-là.

Emmanuel Macron a voulu donner des gages de sa combativité et de son envie d’en découdre

Il a aussi cité cette célèbre formule de Jacques Chirac : « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ». Encore faut-il préciser que l’ancien président ne l’a jamais prononcée publiquement. Cela fait tout de même une petite différence car ce registre grivois seyait mieux à Chirac qu’à Macron. En fait, ce que le président a voulu dire par là, c’est évidemment : « même pas peur ». Une réaction un peu crâne qui rappelle le « qu’ils viennent me chercher » lors de l’affaire Benalla. On peut penser aussi au « j’ai très envie de les emmerder » à propos des non vaccinés. Ce n’est pas une nouveauté, Emmanuel Macron affectionne ce style bravache. Même si cela lui a souvent joué des tours. Pourtant, c’est plus fort que lui. Il est comme ça. Il aime conclure à la volée, si l’on peut dire. On peut dire aussi qu’une forme de doute s’est installée jusqu’en Macronie sur l’apparente atonie du président depuis sa réélection. Certains ont été jusqu’à parler de mini dépression. Par sa riposte musclée, par ce ton de campagne, Macron a voulu donner des gages de sa combativité et de son envie d’en découdre. Le Macron qui dit qu’il n’en a rien à faire des attaques contre sa personne, c’est aussi un Macron qui est remonté sur son cheval.

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De plus, il s’en prend nommément à la Nupes alors que les soupçons dans le dossier Uber sont formulés par la presse. Ainsi, c’est une manière pour lui d’affirmer qu’il n’est pas dupe. Quand on gratte un peu l’enquête, on voit qu’il n’y a rien de scandaleux et encore moins de délictueux dans la gestion du dossier Uber par le ministre de l’Economie de 2015. Donc ce qui est potentiellement périlleux pour Macron, c’est l’exploitation politique du sujet. La gauche a d’ailleurs déjà commencé à s’en servir. Comme la meilleure défense c’est l’attaque, le président se dit qu’il peut ainsi obtenir le soutien ou en tout cas la bienveillance de tous ceux, et ils sont nombreux, qui sont agacés par les méthodes de Mélenchon et ses amis.

Guillaume Tabard

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