La revue de presse… Vous avez voulu me faire plaisir Michel, parlez de l’OM !
Dont vous êtes un supporter, Renaud.
Il ne s’agit pas banalement de parler de l’OM, il convient de célébrer l’OM… On se permettra tout de même de le faire en riant…
Les articles qui fêtent la qualification sur le fil de Marseille pour la finale de la Ligue Europa (en éliminant Salzbourg) sont parfois délirants…
Normal. La délivrance fut telle au bout de la nuit… Rien ne retient l’emballement de La Provence. Les joueurs ont été « HEROÏQUES » (c’est la manchette)… Du courage, de la volonté « jusqu’au bout de leurs tripes »… « On est mort de faim », lit-on à la Une du journal de Marseille… « On a l’envie, la rage et la force donnée par tout un peuple qui a le ballon pour religion »…
La religion, justement… Bonne Mère !
Le chapelain de Notre Dame de La Garde, Monseigneur Lorenzato, a affirmé hier soir à La Provence que la Bonne Mère se verrait offrir des milliers de cierges en vue de la finale à Lyon !
« Oui, ici, tout est mêlé quel que soit le Dieu que l’on vénère. La Vierge, le Vélodrome, la passion démesurée, Marseille et sa joyeuse bouillabaisse sont le champ des possibles du football français ». Fin de citation de Philippe Schmit…
Où était notre confrère hier soir ? Devant sa télé ? A Salzbourg ? Ou au stade Vélodrome où (lit-on) 15.000 supporters ont vibré devant un grand écran de 103 mètres carré… et où (ça c’est L’Equipe qui le raconte), les effluves de cannabis étaient dignes des établissements les plus réputés d’Amsterdam. Le Vélodrome, un très beau coffee shop…
Question : la rivalité entre les deux Olympiques (marseillais et lyonnais) va-t-elle s’exprimer le 16 mai puisque c’est à Lyon qu’aura lieu la finale (face à l’Atlético Madrid) ?
Les présidents des deux clubs, l’OM et l’OL ont entretenu la tension ces dernières semaines, observe Le Monde… Hier, Jean-Michel Aulas, le président de l’OL, a été conspué par les supporters marseillais… D’où cette invitation, sous la plume de Vincent Duluc de L’Equipe : « L’OM va jouer une finale à Lyon, ce qui sera pour tout le monde une lumineuse raison d’être moins con »…
Ca vaut pour tous les supporters, c’est bien ça Renaud ?
Oui, je pense ( !) Et pour les deux présidents, Aulas et Eyraud…
De lumineuses raisons d’être moins cons…
On en cherche dans d’autres domaines que le sport…
Les Echos publient une brève sur l’occupation de l’Ecole Normale Supérieure… Le premier ministre a qualifié d’ « assez savoureux » un mouvement de protestation dans l’un des établissements les plus sélectifs…
Les Echos précisent qu’à Normale Sup, le monument aux morts a été tagué…
Des graffitis sur le monument où figurent les noms des 239 éléves et anciens élèves tombés au champ d’honneur durant la Première guerre mondiale…
Lourd tribut des élèves de Normale Sup qui étaient appelés à devenir l’élite de la nation…
Monument barbouillé (insulte à la mémoire nationale), slogan tagué dans un couloir de Normale Sup « Mort à la démocratie »…
Que se passe t-il dans la tête des « ultras de tous bords », comme les nomment Les Dernières nouvelles d’Alsace sur toute la largeur de sa première page…
Que se passe t-il en effet ? A-t-on des éléments de réponse dans la presse ?!
Dans sa chronique des Echos, le philosophe Roger-Pol Droit évoque une « décomposition continue » dont le seul fil persistant est un désir de néant, une pulsion de mort…
Le Prix Nobel d’Economie, Jean Tirolle, martèle dans une interview au Point que nous assistons « à la défaite de la raison ».
Jean Tirolle interviewé dans son petit bureau de l’Ecole d’économie de Toulouse entre deux aller-retour aux Etats-Unis où toutes les universités le réclament pour participer ici à un séminaire, donner là à une conférence…
Face à une situation qui semble parfois nous échapper… la tentation de Venise !
Rien à voir avec la polémique sur l’exit-tax…
La tentation de Venise, ne serait-ce que quelques jours…
C’est le conseil de Bruno Frappat dans La Croix, de retour…
« Chaque Français devrait se voir imposer, pour calmer ses colères multiformes et perpétuelles, au moins un séjour par an à Venise. On pourrait faire des tarifs de groupe (suggère-t-il) pour les catégories les plus protestataires : les fanas du 90 à l’heure, les maniaques du statut, les obsédés du fisc et du fric, les membres des ‘blocs’ de toutes couleurs, anars ou identitaires, les insoumis, les fachos, les bolchos… Tous embarqués sur un vaparetto glissant sur le grand canal… »
L’or de Venise, c’est le silence qui donne le sentiment que l’humanité est habitée par l’attirance pour la lumière, le ciel…
Vivaldi, on est sur la Gondole…
Je reviens à l’OM… avec cette phrase entendue hier soir dans un café théâtre à moitié vide évidemment… On a suivi le match et le spectacle… et finit pas convenir que, je cite, « ces Autrichiens, depuis Mozart, ils n’ont rien fait de bon ».
Michel Grossiord