Emmanuel Macron : Présider l’Europe peut-il être un atout dans sa campagne ?

Emmanuel Macron a présenté la feuille de route de la présidence française de l’Union européenne. 

Pour Emmanuel Macron cette présidence de l’Union sera plus chronophage que valorisante

Le président a consacré l’une des deux seules conférences de presse de son quinquennat à ce sujet. L’Europe, on l’a beaucoup dit, est dans son ADN. Et il défend l’idée d’une souveraineté européenne permettant à la France d’être plus forte. Mais avec cet exercice, il y a une part d’illusion. Car assurer la présidence tournante de l’Union, ce n’est pas présider l’Europe comme le chef de l’Etat préside la France. Emmanuel Macron a avant tout une mission de coordination pour une durée limitée. Ce qui veut dire en clair, que le pouvoir d’action du chef de l’Etat sur l’Europe sera limité alors que justement l’opinion sera en attente de résultats concrets et rapides.

A lire aussi

 

Il y a une part d’illusion car cette présidence de six mois est suspendue à l’échéance présidentielle d’avril. Pour Emmanuel Macron cette présidence de l’Union sera plus chronophage que valorisante. Il suffit de voir le nombre d’événements qu’il a annoncé hier. Cette fonction va lui prendre beaucoup de temps au moment où il devra simultanément consacrer de plus en plus de temps à sa campagne présidentielle.

Le choix d’une conférence de presse visait à solenniser l’entrée dans cette séquence européenne

Dans un sens, dans le discours d’Emmanuel Macron hier, il ne manquait rien. Il y avait trois parties – la souveraineté, la croissance, l’humanisme – avec chacune quatre sous parties, un agenda de rendez-vous très serré, des sommets, des conférences et des conventions. Emmanuel Macron a passé tous les sujets en revue. Je dirais que le catalogue était trop impressionnant pour susciter un élan. Les considérations étaient trop souvent techniques – et comment ne le seraient-elles pas – pour qu’en émane un souffle épique. Emmanuel Macron maîtrisait ses dossiers, c’est indéniable. Mais il ne manquait rien si ce n’est cette conscience que pour entraîner les Français dans un élan européen, une copie exhaustive et pour tout dire aride, n’était sans doute pas le meilleur moyen.

A lire aussi

 

Le choix d’une conférence de presse visait à solenniser l’entrée dans cette séquence européenne. Je ne suis pas sûr qu’elle ait le plus frappé les Français. Le jeu était convenu d’avance car Emmanuel Macron n’a évidemment pas dit quand il serait candidat. Le chef de l’Etat savait que la question lui serait posée et les journalistes savaient qu’il ne répondrait pas. Ce qui ne l’a pas empêché de cibler Éric Zemmour de manière à peine subliminale en brandissant les menaces sur les libertés ou les valeurs de l’Europe. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’il veut faire de son combat une arme électorale. Mais si Emmanuel Macron veut que cette arme soit efficace, il gagnerait à mettre plus d’âme et moins de jargon bruxellois dans son discours européen.

Guillaume Tabard

Retrouvez l’édito politique