Présidence de la Commission européenne : « Nous ne voulons pas d’automaticité en Europe » affirme Amélie de Montchalin

Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, était l’invitée politique ce jeudi 13 juin de Guillaume Durand, à 8h15. Elle refuse l’automaticité dans le mode de désignation de la présidence de la Commission européenne.

Commission européenne : le refus de l’automaticité.

« On cherche quelqu’un qui a de l’expérience, qui connait bien l’Europe, qui a envie de la faire avancer et qui a un projet de progrès  » a déclaré Amélie de Montchalin à propos du futur président de la Commission européenne. « Nous ne voulons pas d’automaticité en Europe » a-t-elle précisé. Elle estime en effet que le mode de désignation ne prend pas en compte les dynamiques de recomposition de l’espace politique européen. « Ce n’est pas parce que les règles fixées par ceux qui étaient au pouvoir avant pour se garder les places peuvent l’appliquer qu’il faut les suivre ». Elle poursuit : « L’automaticité aurait été compréhensible seulement si on avait eu des listes transnationales ».

Amélie de Montchalin a par ailleurs réagi à la rumeur selon laquelle Emmanuel Macron soutiendrait la candidature de l’ancienne chancelière allemande : « On a plein de candidats potentiels, je ne crois pas que Madame Merkel se soit déclarée, je ne crois pas qu’elle soit candidate. Ce que voulait dire le président c’est qu’on n’est pas sur un débat de drapeaux ou un concours de beauté. On cherche quelqu’un qui a les épaules pour incarner un projet européen ». Elle estime par ailleurs que les résultats politiques sont le seul moyen de retisser un lien de confiance entre les institutions et les citoyens : « On doit sortir des incantations ».

Le paradoxe des nationalistes : une entente impossible ?

« Les nationalistes restent des nationalistes » a déclaré Amélie de Montchalin. Par cette tautologie, la secrétaire d’Etat aux Affaires européennes souligne le paradoxe inhérent à l’idéologie nationaliste au sein du Parlement européen : « Ils ont beaucoup de mal à se mettre d’accord entre eux car ils portent chacun les intérêts de leurs pays ». Alors que Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, peine à obtenir des alliances avec les nationalistes européens, Amélie de Montchalin explique que « la bonne nouvelle c’est que ceux qui veulent faire avancer l’Europe sont mieux organisés que ceux qui veulent la faire reculer. »

Edouard Philippe : une politique « sincère » et « ambitieuse ».

« Ambitieuse et sincère », c’est ainsi qu’Amélie de Montchalin a qualifié la politique du gouvernement dont l’acte 2 a été présenté hier lors discours de politique générale d’Edouard Philippe. Une sincérité qu’elle justifie par le fait que l’action du gouvernement va « au coeur des problèmes que les Français nous montrent du doigt ». Elle explique que « 3 urgences ont été posées : l’écologie, la justice sociale, et l’emploi » : « Dans les mois qui viennent, on va s’attaquer à un problème essentiel : la réforme de l’assurance chômage ». Elle estime également que l’accès au travail est « le plus grand mal français ». A propos des dépenses publiques, elle déclare : « En 2018, les dépenses publiques ont baissé en volume de 0,3% pour la première fois depuis 30 ans ». Elle conclut « Si on regarde honnêtement les résultats, on peut se dire – non pas que c’est fini – mais avoir une forme de confiance dans ce qui a été fait. »

Retrouvez l’entretien d’Amélie de Montchalin :

Arthur Barbaresi

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