Législatives : Le Pen/Mélenchon, la gauche remporte le combat des extrêmes

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La droite et la gauche françaises surprennent par leur mimétisme. Si pour la droite comme pour la gauche les extrêmes sont devenus les plus fort électoralement, il semblerait qu’en vue des législatives le combat reste déséquilibré.

La gauche et la droite se divisent en 3 blocs

Le 2 mai a été primordiale pour les négociations à gauche. En revanche, de l’autre côté de l’échiquier politique c’est le chacun pour soi. Il est pourtant troublant de constater le parallélisme des situations telles qu’elles résultent de la présidentielle. Pour résumé, à gauche, comme à droite, on a 3 blocs. Un bloc radical ou extrême qui est l’autorité de Jean-Luc Mélenchon d’un côté et de Marine Le Pen de l’autre. Ce bloc extrémiste représentent pour la droite et la gauche sur le plan électoral à peu près les deux tiers de leur camp.

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On a ensuite un bloc modéré dont une partie a déjà rejoint Emmanuel Macron. On pense notamment à Woerth ou Raffarin à droite, et à Valls ou Rebsamen à gauche. L’autre partie est tentée de rejoindre En Marche à la faveur de ces législatives comme Sarkozy à droite. Coincé entre ces deux blocs, on a troisième groupe, à la fois officiel et résiduel, qui réunit ceux qui croient encore à un courant indépendant sur le plan idéologique et autonome sur le plan politique.

L’extrême gauche plus rassembleur que l’extrême droite

Pourtant la parallèle s’arrête là car on voit qu’à gauche le bloc radical, derrière Mélenchon est devenu un pôle d’attraction alors qu’à droite, le bloc radical derrière Le Pen reste isolé. En effet, même entre le RN et Éric Zemmour, il n’y aura pas d’accord. La logique semble être : mieux vaut s’assurer de perdre seuls que de tenter de gagner ensemble. L’impossibilité de tout rapprochement entre Éric Zemmour et Marine Le Pen est cependant tout sauf une surprise. Le premier prétendait procéder à un grand remplacement de la seconde. L’opération n’a pas marché et la finaliste du 24 avril est bien décidée à le faire payer au candidat de Reconquête. Si en politique les réconciliations succèdent aux provocations et les divergences parviennent souvent à se régler par intérêt électoral, pour s’unir il faut tout de même s’en donner les moyens.

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Or, en rappelant au soir même du second tour que c’était la huitième fois que la famille Le Pen était battue à la présidentielle, Éric Zemmour n’a pas vraiment pris les moyens d’un rapprochement. Donc même si Zemmour lui-même n’a pas encore dit s’il serait candidat ou non, on sait qu’il y aura 577 candidats Reconquête contre 577 candidats Rassemblement national. Il y a donc une union autour de la gauche extrême et une divisions au sein de la droite extrême mais qu’est-ce que cela donnera au sein de la future Assemblée nationale ? C’est très simple. Le scrutin majoritaire à deux tours a un effet amplificateur dans les deux sens. Des candidatures uniques sous le label de la Nouvelle union populaire écologique et sociale ça peut donner 100, 150 voire 200 députés de gauche. Une guerre entre le RN et Reconquête devrait donner 0 ou 1 député Zemmouriste et 15, 25 ou 35 députés pour Marine Le Pen maximum. Tout ça avec un total de voix équivalent.

Guillaume Tabard

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