La Revue de Presse du jour – 28/03/2019

La revue de presse… La solitude du pouvoir, à laquelle Emmanuel Macron n’échappe pas…

Solitude voulue ou subie ? Peut être un peu des deux… « Macron tente la traversée du quinquennat en solitaire », avance Le Figaro qui raconte le désert du 4ème étage…
Suivez-moi : on accède au 4ème étage de l’Elysée, au-dessus du bureau du président de la République, par un escalier étroit… Personne. C’était il y a peu encore une ruche avec les allées et venues des plus proches conseillers d’Emmanuel Macron… Tous ou presque sont aujourd’hui partis…
Seul, seul, seul… Le Figaro insiste sur une solitude « plus palpable que jamais »…

Une solitude dans les prises de décisions…

C’est seul que le Chef de l’Etat a décidé du grand débat… Seul qu’il en digère les remontées… Seul qu’il décidera des mesures pour sortir de la crise des gilets jaunes.
Les jeunes grognards de la garde rapprochée sont partis, mais cela peut aussi présenter un avantage… car ils formaient une sorte de cordon sanitaire autour du Chef de l’Etat qui désormais « diversifie ses sources » : « Il voit moins de ministres, moins de technocrates », décrypte un membre de son entourage… Dans l’agenda, cela se traduit par des rendez-vous signalés par un cadenas vert…
L’enquête de François-Xavier Bourmaud et Marcelo Wesfreid raconte aussi comment Emmanuel Macron commence ses journées…

Par la lecture de la presse !

De la presse régionale… Il paraît qu’il est au courant du moindre rebondissement local, de la fermeture d’une maternité à l’installation d’un feu rouge dans un petit village…
Ce matin, Le Courrier de L’Ouest aura sûrement retenu l’attention d’Emmanuel Macron : le journal annonce que les forains veulent venir le défier à Angers… Les salariés sarthois d’Arjowiggins songent aussi à faire le déplacement… Sans compter, on l’imagine, des gilets jaunes…
Qui sont les amis des gilets jaunes ? s’interroge Bernard Henri-Lévy dans sa chronique du Point.
L’occasion d’un tir ciblé contre une quinzaine de soutiens qualifiés « d’agioteurs de la révolte, trafiquants d’une misère et d’une souffrance qui sont, elles, hélas, bien réelles » : Mélenchon, Le Pen, Wauquiez, Ruffin, Nicolas Dupont-Aignan que BHL compare à un personnage de Labiche « avec ses mines de mauvais comédien, de dupe incrédule et d’atrabilaire nigaud ». « Nicolas Dupont-Aignan croit ‘faire’ gaulliste en singeant le côté adjudant en vadrouille des barons noirs de l’époque Pasqua »…

BHL attendu sur un autre sujet, sur lequel il est sommé de s’expliquer !

Son soutien sans faille à Cesare Battisti, cet activiste italien d’extrême-gauche qui fut longtemps considéré comme un héros par certains… et qui vient d’avouer ses crimes lors d’une audition publiée par Le Parisien. « Ses aveux sonnent comme un uppercut à tous ses anciens soutiens », souligne Le Parisien.
Les intellectuels célèbres qui ont défendu Battisti, le présentant comme innocent, on ne les entend pas aujourd’hui… s’étonne L’Opinion. Reconnaîtront-ils leur aveuglement ? Admettront-ils leur erreur ? demande Michel Schifres.

Dans le comité de soutien à Battisti, il y avait BHL, Guy Bedos, Philippe Sollers, Noël Mamère… François Hollande, alors premier secrétaire du PS, lui avait rendu visite en prison (car il était menacé d’extradition)…

Parmi les soutiens de Battisti, il y avait -et il y a toujours !- l’auteur de polars Fred Vargas qui… n’en démord pas ! Malgré la reconnaissance de 4 meurtres par Battisti, « je lui maintiens mon soutien pour des raisons que je ne peux pas dire », dit-elle au Parisien. « Vous avez le droit de me prendre pour une imbécile, une naïve, mais j’étais extrêmement documentée sur le dossier… »
Un aveuglement passé (et toujours présent pour Fred Vargas) qui a fait écrire à Laurent Joffrin de Libération qu’une certaine gauche a un problème avec la démocratie (pas qu’italienne)
Relevons que Libération revient sur ses révélations (il y a un an) sur le sexisme et les discriminations au lycée militaire de Saint-Cyr… Le fait d’une poignée d’élèves tradis des classes prépa… Un an plus tard, malgré les annonces du ministère, rien n’a changé… L’omerta est plus forte que jamais : « Silence dans les rangs », titre Libération…

Autre sujet polémique : le comportement des supporters de foot…

La ministre de Sports, Roxana Marcineanu, n’est guère entendue par les instances du foot… L’ancien nageuse s’est dite horrifiée par les chants homophobes entendus lors de PSG OM… Le patron du foot français, Noël Le Graët (président de la Fédération française) répond à la ministre dans Le Figaro… « Elle n’a pas l’habitude de venir au stade, c’est vrai que dans les piscines, on n’entend pas ce qui se dit »…
Argument avancé par Noël Le Graët (qui reconnait certes qu’il y a trop d’insultes) : « Je veux bien qu’on critique le foot, mais vous croyez que c’est mieux dans la vie, la rue, les cours d’école ? Regardons aussi ce qui se passe depuis 4 mois en France (allusion aux gilets jaunes). Je ne suis pas certain que le foot ait beaucoup de leçons à recevoir ».
Comparaison est-elle raison ?

 

Michel Grossiord