KOZENA Magdalena – biographie

(1973 - ) Mezzo-soprano

Magdalena Kozena réussit à concilier opéra baroque et répertoire tchèque du XXè siècle. Sans oublier Mozart, avec lequel elle découvre la scène dans sa ville natale de Brno, et qu’elle ne cessera de chanter par la suite. Un grand écart plutôt original à sa génération, et dont elle laisse l’emprunte au disque, notamment en compagnie de son mari le chef Simon Rattle.

Magdalena Kozena en 8 dates :

  • 1973 : Naissance à Brno (République tchèque)
  • 1991 : Entre à l’Ecole Supérieure des arts de la scène de Bratislava
  • 1995 : Lauréate de l’International Mozart Competition de Salzbourg
  • 1999 : Orphée de Gluck pour la réouverture du Châtelet à Paris
    Premier disque, consacré à Bach (Archiv)
  • 2002 : Pelléas et Mélisande de Debussy, pour le centenaire de la création à l’Opéra-comique
  • 2007 : “Ah mio cor”, disque consacré à Monteverdi, avec l’Orchestre Broque de Venise et Andrea Marcon (Archiv)
  • 2008 : Epouse le chef d’orchestre Simon Rattle
  • 2018 : Le Chant de la Terre de Mahler, avec l’Orchestre de la Radio Bavaroise dirigé par Simon Rattle (DG)

 

La Mezzo-soprano tchèque commence le chant dans sa ville natale avant de partir à Vienne

Magdalena Kozena débute la musique au conservatoire de Brno en 1987, à 14 ans. Pendant 4 ans, elle apprend le piano et le chant avec Neva Megova et Jiri Pesa. Puis elle entre à l’Ecole supérieure des arts de la scènes de Bratislava pour étudier avec Eva Blahova. Elle en sort en 1995, et se retrouve la même année en finale du Concours Mozart à Salzbourg. L’année suivante, elle intègre la troupe du Volksoper de Vienne, après avoir fait ses premières armes sur la scène de l’Opéra de Brno.

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Bach, Vivaldi, Haendel : l’opéra baroque l’attire irrésistiblement et lui vaut plusieurs albums

Après une Messe de Zelenka, elle enregistre en 1999 pour Archiv un florilège d’airs de Bach, toujours avec l’Ensemble Musica Florea dirigé par Marek Stryncl. C’est la première fois que ce label consacre un disque à une artiste tchèque, et l’album est couronné “CD de l’année” en République tchèque. La même année, elle fait ses débuts à Paris dans Orphée de Gluck. C’est la réouverture très attendue du Châtelet, et Magdalena Kozena partage la scène avec Patricia Petibon. Au pupitre, John Eliott Gardiner. A l’Opéra des Flandres, elle interprète Idamante (Idoménée de Mozart) sous la baguette de Marc Minkowski, qu’elle retrouve dans Le Couronnement de Poppée au festival de Vienne. Haendel (Giulio Cesare) et Rameau (Dardanus) confirme un engouement manifeste pour le baroque. C’est à 16 ans, grâce à la rencontre d’un musicologue passionné, que la cantatrice s’est découvert un attrait pour ce répertoire. Vivaldi, Bach, Haendel et Monteverdi font partie de ses piliers. Elle leur consacre différents albums, en compagnie d’Andrea Marcon à la tête de la Cetra de Bâle ou de l’Orchestre Baroque de Venise, toujours chez Archiv. Elle signera un peu plus tard un contrat avec Deutsche Grammophon.

“Parto, ma tu ben mio” de La Clémence de Titus de Mozart (Magdalena Kozena, Orchestre Philharmonique de Vienne, dirigé par Daniel Harding, Festival de Salzbourg 2006)

 

Mozart, les romantiques et même le XXe siècle tchèque : Kozena ne s’interdit rien !

Contrairement à d’autres, Magdalena Kozena ne se spécialise pas dans le baroque. Elle chante Mozart, bien-sûr, avec lequel elle a fait ses premiers pas sur scène : Sesto de La Clémence de Titus au Festival d’Edimbourg, Chérubin des Noces de Figaro au Festival d’Aix en Provence et à l’Opéra de Munich, Zerline de Don Giovanni à Salzbourg, Dorabella de Cosi fan tutte au Met, ou encore Papagena de La Flûte enchantée à Modène. Mais elle va plus loin, et tente Mélisande à l’Opéra de Leipzig et à l’Opéra-comique, toujours avec son complice Marc Minkowski dans la fosse. Nous sommes en 2002, c’est le centenaire de la création de l’unique opéra de Debussy et les attentes sont fortes. Mais Magdalena Kozena relève le défi : diction parfaite et ambiguïté permanente entre timidité enfantine et timbre de séductrice. La mezzo plonge dans le répertoire français ( Boieldieu, Berlioz, Offenbach et L’Enfant et les sortilèges de Ravel), et s’aventure chez Mahler (Des Knaben Wunderhorn avec Pierre Boulez en 2010, et Le Chant de la Terre dirigé par Simon Rattle en 2018), sans pour autant oublier ses origines. De Janacek (Katia Kabanova) à Martinu (Julietta), l’opéra tchèque lui doit de belles interprétations. Elle s’adonne aussi au récital de mélodies, accompagnée du pianiste Malcom Martineau, où elle chante notamment des compositeurs tchèques (Dvořák, Novak, Eben…). Mariée en 2008 au chef Simon Rattle, dont elle a deux enfants, Magdalena Kozena réussit le pari d’une carrière aussi intense que diversifiée.

 

Sixtine de Gournay

 

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