Une professeure utilise l’image du rappeur Soprano pour un cours : accusée de racisme, elle est menacée

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Le Parisien-Aujourd’hui en France parle d’une fatwa numérique et raconte comment la vie de Stéphanie, professeure de SVT à Trappes, a basculé le 8 décembre 2020. Quelques mois après l’assassinat de Samuel Paty, elle est accusée de racisme et menacée.

Le parent d’élève a été condamné à 6 mois de prison ferme, il a fait appel

Ce jour-là elle donne un cours sur l’évolution, et distribue à ses élèves de 3ème une photocopie sur l’évolution de l’homme et de ses ancêtres. Le document commence avec l’australopithèque et se termine avec l’homo sapiens. Quelques mois auparavant, un élève a dit à sa professeure que l’homo sapiens est toujours représenté par un blanc. Qu’à cela ne tienne, Stéphanie intègre dans un souci d’inclusion des représentations de l’homo sapiens d’aujourd’hui sous les trait d’une femme, Josiane Balasko, mais également de Kylian Mbappé et de Soprano. C’est le rappeur qui figure sur la fameuse frise chronologique de l’évolution. Une élève montre la frise à son père, le père ne lit pas le document mais estime curieux de voir figurer le visage d’un homme noir sur une frise chronologique où figurent des hommes préhistoriques dont le faciès rappelle celui du singe.

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Ni une ni deux, le père crie au racisme et poste son commentaire et le cours sur Facebook. Il faudra tout de même une réunion avec le parent d’élève dans le bureau du chef d’établissement et une intervention de la police après une plainte de Stéphanie pour que le père retire ses commentaires indignés de Facebook. Un scénario catastrophe qui ressemble a celui vécu par Samuel Paty. Stéphanie a dû quitter son poste. Le parent d’élève a été condamné en novembre à 6 mois de prison ferme et a fait appel. Tout fonctionne à l’envers dans cette histoire. La bonne volonté de l’enseignante se retourne contre elle, le post soi-disant antiraciste du père devient une menace potentielle pour l’enseignante et c’est la victime qui doit être éloignée de son poste de travail. Cela raconte surtout la bêtise contemporaine dans toute sa dangerosité.

David Abiker

 

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