Santé : 1 Français sur 2 a déjà renoncé à se faire soigner faute de rendez-vous rapide

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Se faire soigner est devenu un parcours du combattant pour les Français. Selon un sondage Ifop publié hier, un Français sur 2 a déjà renoncé à se faire soigner car les délais d’attente pour avoir un rendez-vous étaient trop longs.

« Il y avait deux fois plus de pédiatres à l’époque où je me suis installée il y a 30 ans »

75% des Français considèrent que l’accès aux soins s’est dégradé ces dernières années. Et cela dépasse les problématiques liées au Covid. Une préoccupation concrète qui trouve des résonances dans l’ensemble du parcours de soins. Vous l’avez peut-être constaté : obtenir un rendez-vous chez un généraliste peut prendre des jours d’autant plus quand on n’a pas de médecin traitant. Cela concerne 20% des Français selon Marcel Garrigou Grandchamp médecin généraliste et membre de la Fédération des médecins de France. Selon lui, la situation est alarmante : « les patients qui viennent voir leur médecin ont souvent 3 ou 4 motifs de consultation. On a des aggravations de pathologie à cause du peu de prises en charge comme une bronchite qui peut se transformer en pneumopathie parce qu’elle n’est pas soignée. Vous avez même des patients qui dialysent en urgence et 30% d’entre eux ne savaient même pas qu’ils avaient une maladie rénale ».

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En cause, une médecine libérale qui n’est plus assez attractive selon le médecin. La situation se corse encore un peu plus quand on cherche un spécialiste comme un pédiatre. En banlieue parisienne, le docteur Sylvie Hubinois ne peut plus prendre de nouveaux patients même en urgence : « on est dans l’obligation de limiter le nombre car c’est important de suivre les patients que l’on prend en charge. Mon agenda est rempli pendant au moins deux mois actuellement. Il y avait deux fois plus de pédiatres à l’époque où je me suis installée il y a 30 ans dans la ville où je travaille ». Dans un rapport de la Drees du mois dernier, exercer dans ces zones sous-dotées rime avec multiplication du nombre d’heures et des permanences pour les médecins. Compenser ces conditions nécessiterait des augmentations de revenus très élevées.

Elodie Vilfrite 

Ecoutez le reportage d’Elodie Vilfrite : 

 

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