Transports : 1 Français sur 2 souhaite qu’ils soient moins chers d’ici 2025

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La troisième édition du baromètre « France 2025 » Viavoice – Generali et Radio Classique aborde l’enjeu des nouvelles mobilités. Un sujet extrêmement sensible dans cette campagne présidentielle.

Les Français aspirent à deux évolutions concernant les transports, économique et écologique

Le premier constat établi par le sondage montre que les Français anticipent une évolution en matière de moyens de transports et de déplacements en 2025. En effet, 59 % des Français considèrent qu’en ce qui concerne les moyens de transports et les déplacements (voiture, bus, métro, train, vélo etc ), les choses devraient changer d’ici 2025. Ils ne sont que 8 % à être totalement convaincus de l’inverse. Les évolutions sont donc installées dans l’opinion publique. Ce constat fait d’ailleurs plutôt consensus auprès des différentes générations, jeunes et moins jeunes, même si une différence territoriale peut être soulevée. Les habitants des grandes agglomérations sont, de manière attendue, davantage convaincus des changements à venir.

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Pour autant, si la dynamique est à l’évolution, les Français identifient des changements désirables en ce qui concerne les moyens de transports et les déplacements. Ces aspirations se déploient à deux niveaux. Le premier est économique, puisque 50 % des Français estiment que les moyens de transports et les déplacements d’ici 2025 devraient être « moins chers ». Le second est écologique puisque 42 % d’entre eux estiment que ces moyens de transports et de déplacements devraient « émettre moins de CO2 pour lutter contre le dérèglement climatique ». Ces tendances nous montrent bien que si la présence à l’esprit des enjeux climatiques ne fait plus de doute chez les Français, la lutte contre le dérèglement climatique ne pourra se faire sans s’accorder avec les enjeux économiques et financiers. Le lien entre écologie et économie c’est-à-dire dépenser moins et gagner en pouvoir d’achat est, de ce fait, fondamental.

Les Français sont fortement opposés à l’instauration d’une taxe carbone dissuasive 

L’enjeu des transformations nécessaires de nos façons de nous déplacer nous invite également à nous interroger sur le degré d’acceptabilité des Français concernant ces bouleversements qui, de façon assez certaine, entraînent de nouvelles contraintes. Tout d’abord, les Français restent clivés sur l’idée d’une généralisation des moyens de transports propres en pénalisant les personnes qui utiliseraient des transports polluants : seuls 44 % y sont favorables. Alors qu’au contraire, 41 % des Français souhaitent qu’on laisse une part de liberté aux gens refusant – toute généralisation imposée – des nouvelles mobilités propres.

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Les Français restent ainsi attentifs à ce que ces évolutions nécessaires dans les mobilités ne fassent pas peser les contraintes uniquement sur la population. S’ils sont favorables à taxer davantage les transports aériens (59 %) c’est une mesure qui n’engage pas de transformations profondes au quotidien, ils restent fortement opposés à l’instauration d’une taxe carbone dissuasive (64 % défavorables) et à un abaissement de la limitation de vitesse sur toutes les routes nationales (66 % défavorables). Ces deux dernières mesures sont fortement désapprouvées par plus d’un tiers des Français (38 % y sont totalement opposés), c’est dire le niveau de méfiance de l’opinion sur ces enjeux.

Un clivage qui persiste entre les grandes villes et le monde rural

Les crises ont suscité pour certains Français, l’ambition de changements durables dans leur mode de vie. Durant près de 18 mois, les Français ont dû changer leur façon de faire au quotidien. Pour autant il ne faudrait pas confondre désirabilité exprimée par certains et adhésion majoritaire de l’ensemble de la population française. En effet, un clivage s’exprime dans l’opinion. La moitié des Français estiment que les différentes crises que nous vivons (crise sanitaire, crise climatique) les incitent à utiliser des moyens de transports plus respectueux de l’environnement et du climat (voitures électriques, vélo, marche à pied, etc). Et 43 % expriment le contraire. Ce clivage nous interroge non pas sur la prise de conscience de la nécessité de changer nos modes de déplacements, mais plutôt sur la capacité des uns et des autres à « épouser » ces nouvelles mobilités.

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Si 57 % des cadres affirment que les crises les incitent à changer leurs moyens de transports, seuls 45 % des employés et des ouvriers sont de cet avis. La fracture territoriale reste aussi frappante entre les habitants de communes rurales ou de petites villes qui sont moins nombreux à affirmer un changement éventuel des moyens de transports, et les habitants de grandes villes et de grandes agglomérations qui semblent davantage convaincus de faire évoluer leur façon de se déplacer. La fracture territoriale est donc un enjeu majeur car 35 % des Français estiment que d’ici 2025, l’évolution souhaitable est « la présence de transports en des points plus nombreux des territoires » marquant ici la différence entre grandes villes et monde rural. Cette réalité de ne pas pouvoir bouleverser ses modes de vie tient donc autant à la contrainte du quotidien qu’à une défiance au changement : 81 % d’entre eux qui possèdent une voiture déclarent que, compte tenu de leurs activités et de l’endroit où ils habitent, il leur est impossible de se passer totalement de voiture d’ici 2025.

Ondine Guillaume

Téléchargez ici l’intégralité des résultats de la 3ème édition du “Baromètre FRANCE 2025” Generali – Viavoice – Radio Classique.

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