Salzbourg 2019, quand la mythologie se raconte au présent

Du 20 juillet au 31 août, le Festival de Salzbourg s’est installé au cœur de la ville de Mozart pour sa 99e édition. Parmi les événements les plus attendus de musique classique et baroque, le festival autrichien reçoit chaque année orchestres nationaux et interprètes de très grande qualité.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’écrivain Hugo von Hofmannsthal, le metteur en scène Max Reinhardt et le compositeur Richard Strauss fondent le Festival de Salzbourg. La première édition a lieu le 22 août 1920, et présente un unique spectacle ; la pièce de théâtre Jedermann, écrite par Hugo von Hofmannsthal, jouée sur le parvis de la cathédrale.
Cette pièce chrétienne qui traite du jugement dernier est rejouée chaque année, au même endroit, comme un hommage à cette première édition post guerre. Consacrer la culture pour lutter contre le conflit ; telle était l’ambition des fondateurs.
Depuis son origine, le festival se veut pluridisciplinaire. Il présente ainsi chaque année à la fois du théâtre, de l’opéra et des concerts.

Le dialogue avec la modernité, clé du succès d’un festival presque centenaire

Si l’édition 2019, signée par Markus Hinterhäuser, est mise sous le signe de la mythologie antique, les mises en scène et les messages transmis n’en sont pas moins très actuels. En 2019, le Festival de Salzbourg fait résonner le présent à travers la mythologie antique grâce à des mises en scènes innovantes.
Le metteur en scène Peter Sellars propose ainsi un décor novateur lors de l’ouverture avec Idomeneo de Mozart. Son engagement pour la cause climatique est mis en exergue à travers les fantasmagories de verre et de plastique présents sur scène. D’une autre façon, Barrie Kosky, dans sa mise en scène osée d’Orphée aux Enfers révèle les dessous de la partition d’Offenbach ; parodie de la société humaine et écho flagrant entre les déboires de l’époque du Second Empire et la nôtre.

Pour sa 99e édition, le Festival de Salzbourg impose ainsi la musique comme liant entre la mythologie antique et le présent. Cette intemporalité du festival participe à surprendre et à toucher son public. Beauté de la musique et force des messages, tout est réuni à Salzbourg !

Le public a encore une semaine pour découvrir les surprises que lui réserve le festival jusqu’au 31 août.

 

Joséphine de Gouville

 

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