Roland-Garros : Amazon Prime sera le diffuseur exclusif des « night sessions »

Petite révolution dans le monde de l’audiovisuel : Roland-Garros commence ce week-end et pour la première fois Amazon s’invite sur la terre battue parisienne.

Pour la première fois France Télévisions ne diffusera pas l’intégralité de Roland-Garros

Amazon va diffuser des matchs de tennis du tournoi de la Porte d’Auteuil sur sa plateforme vidéo, et, nouveauté encore plus forte, France Télévisions ne diffusera pas toutes les grandes affiches. Dix matchs de soirée, le nouveau prime du tennis, seront réservés aux abonnés du service Prime d’Amazon. C’est un vrai tournant comparé à un service public qui diffusait toute la compétition.

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Amazon est un commerçant qui cherche à séduire le plus de clients possible et les fidéliser. Afin de se différencier, il mise sur un service baptisé Prime qui permet pour une cinquantaine d’euros par an d’être livré de façon illimitée sans surcoût pour l’essentiel des commandes. Pour que ce service soit mieux valorisé et pour que les clients hésitent à suspendre cet abonnement, Amazon offre des services comme Amazon Vidéo, un concurrent de Netflix avec des séries originales mais aussi des films et du sport. Dans l’idée de se constituer un catalogue, Amazon vient de racheter cette semaine la Metro Goldwyn Mayer de James Bond, du Seigneur des Anneaux ou de la Servante Ecarlate pour 8 milliards de dollars. Mais le géant du numérique s’offre aussi des exclusivités sportives comme du football en Angleterre, en Allemagne ou bien, on y revient, comme du tennis en France.

 

Amazon vient de s’offrir Metro Goldwyn Mayer pour 8 milliards de dollars

Cette stratégie permet de séduire et fidéliser, et comme les clients Prime consomment ensuite plus c’est un cercle vertueux pour Amazon. Pour le consommateur, c’est tout bénéfique et c’est bien de voir un géant comme Amazon rivaliser avec Netflix. A terme, cela pourrait poser un problème de concurrence car c’est pour Amazon une forme de vente à perte, car le groupe profite des bénéfices de ventes de service informatique (le cloud) pour financer une guerre des prix. Pour leurs concurrents la Fnac, Cdiscount ou Carrefour, qui ne pourraient pas se payer autant de contenus même s’ils ne formaient qu’un groupe, c’est de la concurrence déloyale. Amazon, qui a 25 ans, n’est plus une start-up qui peut perdre de l’argent en phase de lancement, il faut donc vérifier que leur comportement n’est pas devenu prédateur.

David Barroux

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