Airbnb : Son PDG Brian Chesky se prépare « au plus gros redécollage du voyage de toute l’Histoire »

Airbnb souffre depuis un peu plus d’un an, mais moins que beaucoup d’acteurs du tourisme, comme les compagnies aériennes ou les hôteliers classiques. Le nouveau géant américain peut faire le pari que le rebond va être rapide, puissant et qu’il devrait être l’un des groupes du tourisme qui en profitera le plus. Brian Chesky, le cofondateur et patron d’Airbnb qui présentait hier les nouvelles fonctionnalités du site a d’ailleurs affiché toute sa confiance. “On se prépare au plus gros redécollage du voyage de toute l’Histoire” a-t-il affirmé.

Airbnb : ses frais fixes sont limités

Airbnb peut afficher cet optimisme, parce qu’en une petite dizaine d’années, le groupe est devenu une plateforme mondiale avec plus de 5 millions d’hôtes prêts à accueillir des touristes. Ca fait plus de chambres, dans plus d’endroits que toutes les chambres réunies des cinq premiers acteurs mondiaux de l’hôtellerie. Cela veut dire que peu importe où et comment le tourisme va reprendre, Airbnb aura une offre à proposer. Qu’on reste dans son pays ou qu’on aille à l’autre bout du monde, on pourra aller chez Airbnb dont le modèle reste hyper efficace.

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Les dirigeants investissent dans du logiciel, du service clients, de la publicité, mais pas dans la pierre. Leurs frais fixes sont limités, ils ont même réussi à les réduire pendant la crise en se recentrant sur leur métier de base et en poussant vers la sortie un quart des salariés. Ils vivent en empochant des commissions. Et comme le tourisme est un secteur porteur, Airbnb a encore de très belles années.

En 2021, un quart de la demande en Airbnb était pour des séjours de presque un mois

Sur le dernier trimestre, les locations ont bondi de 39% par rapport aux trois mois précédents, et c’est une entreprise très flexible qui est déjà en train de s’adapter. Hier les dirigeants ont mis en avant leurs nouveautés axées autour de la flexibilité. Ils constatent que dans ce monde post-crise, les touristes sont plus souples sur les dates, les options, les destinations… Ils vont donc nous proposer plus de flexibilité. Airbnb a aussi remarqué que sur le début de l’année, un quart de la demande était pour des séjours de presque un mois. Avec le boom du télétravail, il y a de plus en plus de gens qui vont ailleurs que chez eux hors saison pour des périodes longues. C’est aussi bon pour leur activité. En fait la principale menace qui pèse sur Airbnb était déjà là avant la crise, c’est la régulation. Plus ce mode de tourisme hors de l’hôtellerie classique se développe, plus les pouvoirs publics cherchent à imposer des règles qui compliquent plus ou moins la vie d’Airbnb. Mais quand on est gros et puissant, on peut surmonter ce genre de difficultés.

David Barroux

 

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