Régionales : Pourquoi ces élections sont cruciales pour les agriculteurs ?

La question du modèle agricole et de l’alimentation dans les territoires a rythmé la campagne des régionales ces dernières semaines. En la matière, les compétences des régions sont primordiales.

Bretagne : Les listes de gauche remettent en question le modèle d’agriculture intensive

Les régions ont la responsabilité de ce que l’on appelle le 2ème pilier de la Politique Agricole Commune (PAC), avec la gestion des aides à l’installation des agriculteurs, les aides à la conversion à l’agriculture biologique et des mesures agroenvironnementales. De quoi réorienter le modèle vers plus d’agroécologie et plus de bio, c’est en tout cas ce que demande Philippe Camburet, agriculteur dans l’Yonne et président de la le Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) : « on peut imaginer qu’il y a des arbitrages à faire et que le soutien envers certaines formes d’agricultures peut être revu ou reconditionné au respect des bonnes pratiques en matière d’agroécologie (…) c’est une question de courage politique ».

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C’est possible, dit-il, grâce par exemple aux subventions à l’investissement qui permettraient de réorienter certaines filières. Le débat a été particulièrement vif en région Bretagne où le modèle agricole dit intensif est remis en question par les écologistes. Les listes de gauche veulent accélérer une transition, avec des aides renforcées à la sortie des pesticides notamment. Henri Bies-Péré, vice-président de la FNSEA, met en garde sur le fait de griller des étapes : « globalement les programmes sont ambitieux mais certains veulent trop forcer le trait, aller trop loin dans le verdissement ».

4% de bio en restauration collective pour les scolaires, un chiffre bien loin des 20% imposés par la loi

Autre enjeu majeur également, celui de la préservation des terres agricoles face à la bétonisation. A ce sujet, les agriculteurs attendent beaucoup des régions. Certains candidats proposent ainsi de racheter des terres au nom de la région pour éviter l’artificialisation et accompagner l’installation de nouveaux agriculteurs.

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Les régions sont également en première ligne pour le développement des circuits courts, ici c’est plus consensuel, avec notamment des objectifs de 50% voire 100% de produits bio et locaux dans les cantines des lycées par exemple. Ces objectifs se retrouvent dans de nombreux programmes, à gauche comme à droite, et représentent un levier important selon Gilles Pérole, membre d’Un plus Bio, le réseau des développement des cantines bio en France : « La moyenne du bio en restauration collective dans le milieu scolaire est de 4% (…) cela monte progressivement mais on est très loin des 20% imposés par la loi ». Des objectifs ambitieux qu’il faudra soutenir aussi par des programmes de relocalisation de la production, et de la transformation, avec par exemple des investissements dans les légumeries collectives chargées d’alimenter les cantines des lycées.

Baptiste Gaborit

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