Libye : le pari du cessez-le-feu

9 ans après la chute du régime Kadhafi, comment mettre fin à la guerre civile et au chaos qui règnent dans le pays ? C’est l’objet de la Conférence qui s’est tenue hier à Berlin.

 

Une conférence qui réunit notamment Emmanuel Macron, Angela Merkel et Boris Johnson

11 dirigeants étrangers étaient présents dont le Russe Vladimir Poutine, le Turc Recep Tayyip Erdogan, l’Américain Mike Pompeo, Emmanuel Macron pour la France, le Premier ministre britannique Boris Johnson, Angela Merkel qui recevait, et les deux acteurs principaux de la partition actuelle qui déchire la Libye, le chef du gouvernement d’union nationale reconnu par l’ONU d’un côté Fayez-Al-Sarraj, le Maréchal Khalifa Haftar de l’autre.

 

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En gros, le gouvernement d’Al-Sarraj règne sur l’ouest du pays et sur la capitale Tripoli. Le Maréchal Haftar tient l’est et le sud du pays et tente de prendre le contrôle de Tripoli depuis une offensive qu’il a lancée en avril dernier. Derrière chacun de ces deux acteurs, il y a toute une pléiade de pays étrangers qui soutiennent un camp ou un autre, en fonction de leurs intérêts régionaux et de leurs appétits pétroliers puisqu’on le sait, la Libye est une grande puissance pétrolière.

 

L’Egypte apprécie le maréchal Haftar, homme autoritaire comme Abdel Fattah al-Sissi

A l’Ouest, le gouvernement d’union nationale est appuyé par la Turquie qui cherche à retrouver une influence dans toute la région, on l’a vue en Syrie. De l’autre côté, le Maréchal Haftar plait beaucoup à l’Egypte qui voit en lui un homme autoritaire, un Président Al-Sissi bis prêt à combattre l’Islam politique qui prospère à l’ouest. La Russie et les pays du Golfe sont aussi derrière le Maréchal Haftar. Quant aux Américains et aux Européens, ils sont en retrait, les Etats-Unis parce que c’est la stratégie de l’administration TRUMP de se désengager des conflits de la région et les français et les britanniques, parce qu’on leur impute le chaos provoqué par leur intervention armée de 2011 qui avait conduit à l’élimination du Colonel Kadhafi. Mais tous étaient quand même présents à Berlin, pour la Conférence d’hier.

 

L’envoyé spécial de l’Onu Ghassan Salamé demande l’arrêt de l’ingérence étrangère dans les affaires libyennes

Le but premier était que les armes se taisent durablement, donc garantir le cessez-le-feu entre les deux camps qui a été conclu à Moscou le 13 janvier. Ce cessez-le-feu pourrait être supervisé par les Italiens. Deuxième point très important : que l’embargo sur les livraisons d’armes, décidé par l’Onu mais constamment violé par des pays étrangers, soit enfin respecté. C’est le pari de l’envoyé spécial Ghassan Salame qui a demandé aux forces étrangères de s’engager à cesser leur ingérence dans les affaires libyennes. A vérifier dans les prochaines semaines… L’objectif est de favoriser une négociation politique entre les deux blocs adverses, celui du gouvernement d’Union nationale et celui du bouillant Maréchal Haftar. Mais, à ce stade, il s’agit encore d’un vœu pieu.

 

Emmanuel Faux

 

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