Le cinéma veut accélérer sa transition écologique

Le cinéma est une filière qui comme les autres, tente d’accélérer sa transition écologique. Le CNC, le centre national du cinéma et de l’image animée, vient de présenter son plan d’actions pour les prochaines années.

Le bilan carbone sera obligatoire pour toute œuvre financée par le CNC à partir de 2023

Ce plan d’action concerne le cinéma mais aussi l’audiovisuel, une filière également en transition qui donne des signaux de prise en compte des enjeux climatiques, et dont l’impact carbone a été calculé. Evelyne Laquit est la directrice de la communication du CNC « le bilan carbone des deux filières en 2018 était de 1.7 millions de tonnes de CO2, soit ce que dépense la population d’une ville comme Reims ». Dès l’année prochaine, le CNC prévoit de sensibiliser les professionnels et notamment -c’est une des mesures phares-, de travailler sur un outil de calcul commun à toute la filière de l’impact carbone de chaque œuvre. « Le calcul se fera genre par genre, documentaires, longs-métrages, courts-métrages, pour pouvoir les comparer entre eux », explique Evelyne Laquit, précisant que « sans données précises, on ne sait pas de quoi on parle ».

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A partir de 2023, le bilan carbone sera obligatoire pour toute œuvre financée par le CNC. Une norme sera définie, en deçà ou au-delà de laquelle le CNC pourra agir et réglementer, ce sera à partir de 2024, avec par exemple, c’est une des pistes, des aides conditionnées au respect de certaines obligations environnementales. Certains leviers ont déjà été identifiés, lors de la phase de production des œuvres. Sur les tournages, on peut réutiliser des décors, des costumes.

 

55% des émissions du secteur seraient liées uniquement au visionnage en streaming des œuvres

Autre enjeu important, l’alimentation sur le tournage. Clémence Lacharme travaille pour le cabinet Carbone4 et fait partie des 4 experts qui ont participé au plan d’action du CNC : « l’objectif est d’éviter de faire venir de la nourriture de loin, et faire appel aux prestataires locaux ». Un annuaire pourrait être créé, pour que les producteurs de cinéma sachent à qui faire appel lors des tournages. Mais l’impact le plus important de la filière se trouve au moment de la diffusion : 55% des émissions du secteur seraient liées uniquement au visionnage en streaming des œuvres. Autre poste important, les déplacements des spectateurs dans les salles de cinéma : 15% des émissions de la filière selon une étude, 28% selon une autre, plus ancienne.

Baptiste Gaborit

 

 

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