La Revue de Presse du jour – 24/04/2019

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

 

La revue de presse… avec un secret dévoilé ! Le secret du sauvetage de Notre-Dame de Paris par les pompiers…

« Eternelle Notre-Dame » : c’est ainsi que Le Parisien à intitulé son hors-série consacré à la cathédrale…
Eternelle…
L’éternité a failli s’achever le lundi 15 avril lorsque le feu s’est propagé très rapidement, emportant la flèche et la charpente… Le terrible brasier aurait pu tout détruire du joyau gothique (ses reliques et ses œuvres d’art aussi) sans la victoire des pompiers…
Derrière cette victoire, acquise de haute lutte, il y a un secret… « Le secret de la victoire des pompiers » : sous ce titre, une double-page éclairante et enthousiasmante des Echos…

Gloire aux pompiers et à leur méthode, même s’ils ne veulent pas passer pour des héros !

« Ne faites pas de nous des héros » : cette phrase, Elsa Freyssenet dit l’avoir beaucoup entendue durant son enquête auprès des gradés et de leurs troupes…
Les pompiers se méfient du « sentiment de toute-puissance » qui peut altérer leur jugement.
Vous vous souvenez certainement de la silhouette apparue très vite sur une coursive de Notre-Dame : il s’agissait du général Jean-Marie Gontier qui commandait les opérations de secours. Il effectuait là son « tour du feu »…

Le « tour du feu » ?

Aller à proximité des flammes, vérifier l’état de l’incendie, le risque pris par ses hommes…
« Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, ce tour du feu est une routine », précise ma consoeur qui ajoute : « Il y a bien des professions où les grands chefs ne vont pas sur le terrain »…
Pas chez les pompiers : le général Gontier est monté au front au moins 5 ou 6 fois dans la soirée. Chaîne de commandement où la responsabilité et la confiance sont des maîtres mots, organisation millimétrée, formation d’élite : la victoire des pompiers est un aboutissement… La décision la plus grave a consisté à tout faire pour arrêter l’incendie au niveau des tours… Sauver la cathédrale, cela supposait de mettre des hommes en danger.

Un commando de choc…

Une vingtaine de pompiers devront gravir en courant sur 60 mètres de hauteur des escaliers étroits en colimaçon avec plus de 20 kilos d’équipement sur le dos. Sans possibilité de repli facile.
Ceux qui iront dans la tour nord marcheront sur un plancher instable posé sur une charpente en flammes et ils n’auront pas le temps de s’amarrer pour amortir une chute éventuelle…
Le général Gontier a demandé : « On y va ou pas ? »
Le général dit n’avoir jamais entendu un pompier dire non…

Enquête à lire dans Les Echos, qui consacrent leur Une à la question du temps de travail…

Dans l’attente des précisions d’Emmanuel Macron sur le temps de travail : comment compte-t-il faire en sorte que les Français « travaillent davantage », selon sa formule dans l’allocution de lundi dernier prononcée mais non diffusée en raison de l’incendie de Notre Dame de Paris…
Dans un entretien accordé à l’Est Républicain, Jean-Paul Delvoye, le Haut-Commissaire en charge de le réforme des retraites assure que l’âge légal de départ (62 ans) ne serait pas reculé. Il reconnaît que les déclarations successives au sein du gouvernement ont pu semer le doute, mais précise que « l’âge d’équilibre du système est autour de 64 ans ». Autrement dit, « notre engagement est de préserver la liberté de partir à 62 ans, tout en sachant que l’intérêt de l’équilibre du système est que vous partiez de préférence à 63 ans, 64 ans, d’où les idées de surcote et de décote », détaille Jean-Paul Delevoye.
En clair, des dispositions devraient être prises pour inciter les Français à partir plus tard à la retraite et donc à cotiser plus longtemps, notamment pour financer la dépendance.

Précisions attendues donc demain lors de la conférence de presse d’Emmanuel Macron…

Conférence de presse « du président qui n’aimait pas les journalistes » : sous ce titre, Le Parisien explique qu’il s’est résigné à recoudre sa relation avec les médias…
Les journalistes ? « Il juge que leur niveau n’est pas génial », avance un spécialiste de la com.
« Il ne les tient pas en haute estime », abonde un communicant de la macronie.
Les journalistes se suffisent à eux-mêmes parfois pour se tenir en haute estime, l’article du Parisien s’ouvre sur une citation, d’un journaliste qui enrage : « Vous vous rendez-compte, je suis un des éditorialistes les plus lus de France, et le président ne me reçoit pas »
Son nom n’est pas donné…
Autre responsable politique qui ne tient pas les journalistes en haute estime : Libération fait les honneurs de ses colonnes à Jean-Luc Mélenchon, l’occasion pour Laurent Joffrin de passer un mauvais quart d’heure. Ses questions relèvent de la « caricature » pour le leader de la France insoumise, sa personne appartient à la caste médiatique… Pauvre Laurent Joffrin traité de fossile d’une époque révolue… par Laurent Joffrin qui proclame, le concernant, « je ne suis pas ma caricature »…

Sale temps dans la presse pour Nathalie Loiseau…

Le doute gagne, titre L’Opinion… Sondages incertains, erreur de jeunesse niée puis avouée… Des DNA au Midi Libre en passant par La Voix du Nord, on juge fâcheuse la révélation de sa candidature sur une liste d’extrême droite à Sciences po en 1984… On lui reproche surtout de ne pas avoir joué d’emblée la sincérité…
Sciences Po il y a 35 ans à Sciences Po aujourd’hui : Alain Finkielkraut en a été chassé hier soir, rapporte Marianne, chassé par des censeurs au nom de l’antiracisme…
Nouveau terrorisme intellectuel dénonce Marianne, alors que La Revue des deux mondes consacre son dernier numéro à ce sujet, et à l’idéologie indigéniste et racialiste qui est entrée à l’université…
Valérie Toranian relève que dans les années 50, il valait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron car critiquer le communisme, c’était faire le jeu des Etats-Unis, de la bourgeoisie, du fascisme… Aujourd’hui, ceux qui osent critiquer cette nouvelle doxa décoloniale (souvent alliée aux islamistes) se font traiter de racistes faisant le jeu du Rassemblement national…
Ce mouvement n’hésite pas à être violent : hier soir à Sciences Po, il y a quelques semaines à la Sorbonne avec l’empêchement de la représentation des Suppliantes d’Eschyle.

 

Michel Grossiord