La Revue de Presse du jour – 11/03/2019

La revue de presse… Mélenchon, point, à la virgule…

Tribune du leader de La France insoumise dans Libération… Un texte anti-Macron, il va s’en dire, le chef de l’Etat est devenu dangereux selon Jean-Luc Mélenchon qui riposte sur le terrain européen…
…avec ce texte ainsi titré : « Sortez des traités, stupides ! »
Il y a une virgule même si l’idée est de dénoncer les traités « stupides » selon l’auteur qui organisent l’Union européenne…
Il y a donc une virgule : Sortez des traités, stupides !…

Stupides, ça s’adresse à qui ?

A tout le monde, aux « gens » (merci)? Uniquement à Emmanuel Macron et Angela Merkel ? Peut être à Mélenchon lui-même…
Car l’inspiration est peut être américaine : on se souvient du slogan que Bill Clinton avait affiché dans son bureau lors de la campagne présidentielle de 1992 : It’s the economy, stupid… Slogan censé rappeler au candidat que la bonne santé économique du pays était la seule priorité des électeurs… C’est l’économie, idiot ! « Idiot », Clinton se parlait à lui-même…
De l’art de la ponctuation et de la virgule… qui peut bouleverser la politique… Un exemple : sans virgule (Les députés incompétents ne furent pas réélus), avec virgule (Les députés, incompétents, ne furent pas réélus)
Autre exemple : l’instituteur dit : l’inspecteur est stupide… Ou l’instituteur, dit l’inspecteur, est stupide…

On pourrait s’amuser avec plein d’exemples…

Messieurs les Anglais, tirez les premiers !
Ou : Messieurs. Les Anglais ! Tirez les premiers !
(Manière de relever que Londres est engagé dans « l’ultime tentative » pour éviter le chaos d’un Brexit sans accord, titrent Les Echos…
Ce n’est pas la première fois qu’on évoque un rendez-vous « décisif », mais la semaine qui s’ouvre s’annonce bel et bien décisive et reste pour l’instant pleine d’incertitudes…

Une autre tribune remarquée sur les grands enjeux européens : elle est signée de la dauphine d’Angela Merkel…

On va prendre l’habitude de l’appeler AKK. Annegret Kramp-Karrenbauer, la nouvelle présidente de la CDU.
Sa tribune dans Die Welt est une réponse à l’appel du président français à faveur d’une renaissance européenne…
Les Echos et L’Opinion soulignent que la responsable politique (qui monte en puissance aux côtés d’Angela Merkel) se démarque d’Emmanuel Macron sur la convergence des systèmes de protection sociale notamment, et propose (autre pique) d’abolir « l’anachronisme » du siège du Parlement européen à Strasbourg…
La Croix à la rencontre (cette semaine) d’une France qui résiste !
Pas la France insoumise, la France qui souffre mais ne veut pas céder au découragement. Première étape : Alès dans le Gard, ville qui sait se battre depuis toujours. De l’industrie de pointe à la cantine solidaire, des habitants s’emploient à rendre Alès de nouveau fière et forte…

Beaucoup de questions sur la sortie du grand débat…

C’est un « casse-tête » pour la majorité, exécutif et parti En marche, souligne Le Figaro… qui s’alarme d’une grande confusion (surtout si l’idée est de replonger dans l’hystérie fiscale)
Les Echos soulignent que les arbitrages présidentiels seront rendus jusqu’à l’été… Le Chef de l’Etat s’exprimera en avril…
Une réponse perlée qui doit permettre de diluer les attentes…
Le Monde confirme qu’à l’approche due la fin du grand débat, la majorité cherche toujours
Jusqu’ici, tout va à (peu près) bien pour Emmanuel Macron, écrit Le Monde… Le grand débat lui a permis de retrouver du souffle dans l’opinion…
« L’exercice a pris », a claironné le premier ministre Edouard Philippe mardi dernier lors du petit-déjeuner de la majorité…
Mais il va bien falloir sortir de ce temps suspendu de deux mois, durant lequel la France a débattu et son gouvernement s’est gardé d’engager de nouveaux chantiers…

une piste d’atterrissage…
Point de tournant social à attendre ou de changement de cap. « Mon intuition, prédit une ministre, c’est que ça va changer sur la méthode »…
La « délibération permanente » promise par Emmanuel Macron, voilà l’horizon… s’enthousiasme le secrétaire d’Etat Mounir Mahjoubi. « L’enjeu, c’est de faire émerger une société de la participation », dit-il dans Libération…

A la Une de Libération, le visage marqué de Bernard Tapie…

On le voit aussi à la Une du Républicain lorrain à l’heure de son procès pour escroquerie dans l’arbitrage dans l’affaire Adidas-Crédit Lyonnais qui lui avait accordé 404 millions d’euros en 2008…
Oui, visage marqué, creusé par le mal qui le ronge… Tapie souffre, obligé de se lever soudain pour détendre son organisme martyrisé par des opérations cruelles et des chimios qui l’ont laissé sur le flanc… raconte Laurent Joffrin à qui l’homme d’affaires hautement controversé dira à propos des années 80 et 90, les années fric, « c’était le bon temps »…
« Pour lui, à coup sûr, pour la moralité publique, c’est moins sûr », précise Joffrin qui n’accable pas Tapie dans la situation où il est, qui ne l’accable pas ou plus, à l’instar de François Bayrou, son implacable procureur qui aujourd’hui, face à la maladie de son adversaire, plaisante au téléphone avec Tapie.
Cette photo pleine page de Tapie aujourd’hui pousse en effet à la retenue… même si la manchette dit On refait le match

 

Michel Grossiord