Inflation : Ce que l’on sait du chèque alimentaire prévu par le gouvernement

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Dès cet été un chèque alimentaire devrait être distribué par le gouvernement pour les familles les plus modestes. Pourtant, de nombreuses questions entourent encore cette aide car elle pourrait cibler uniquement certains types de nourriture.

Quels seront les bénéficiaires de ce chèque et quel en sera le montant ?

Un paquet de mesures de soutien au pouvoir d’achat sera présenté en Conseil des ministres dans la foulée des élections législatives. Le 11 mai Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a annoncé que ces mesures seront adoptées très prochainement. Elles comprendront la prolongation du bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité jusqu’à la fin 2022. La remise de 18 centimes sur les prix du carburant devrait se transformer en dispositif plus ciblé.

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Quant au chèque alimentation, promis par le chef de l’Etat pour les plus modestes, il sera lancé dès cet été. Michel-Edouard Leclerc, invité sur Radio Classique le 11 mai, s’est dit favorable à un chèque anti-pauvreté alors que l’INSEE prévoit une inflation dans l’alimentation de l’ordre de 6,3% en juin. Pourtant les contours de ce chèque restent bien flous. En effet, il faut répondre à plusieurs questions de taille. Quels seront les bénéficiaires de ce chèque, quel en sera le montant et sera-t-il réservé à certains types de produits ?

 

Il faut trancher la philosophie que l’on veut donner à cette aide

Le calibrage est une première équation compliquée. En effet, le gouvernement veut cibler les Français en insécurité alimentaire, c’est-à-dire les familles modestes et les jeunes précaires. 8 millions de personnes pourraient donc être concernées. Selon un représentant associatif, si l’inflation continue à ce rythme, il faudra aussi aider les classes moyennes. Quant au montant de ce chèque, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie avait évoqué mi-avril une somme entre 50 et 60 euros mensuels. Là encore c’est en cours d’arbitrage car le coût pour les finances publiques est énorme. Il représenterait entre 4 à 6 milliards d’euros sur un an.

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Enfin autre question cruciale, faut-il conditionner ce chèque à des achats de produits sains et locaux ou établir un panier prédéfini ? La FNSEA, syndicat agricole, veut qu’il soit fléché vers les productions françaises. La grande distribution de son côté plaide pour que ce chèque ne soit pas trop sélectif et qu’il ne touche pas uniquement les produits bio ou les circuits courts. « Il ne faut pas calquer une idéologie bien-pensante sur un dispositif social » glisse un représentant d’une enseigne. Vous l’avez compris, outre la complexité technique de la mise en œuvre, il faut aussi trancher la philosophie que l’on veut donner à cette aide.

Emilie Valès 

Ecoutez le reportage d’Emilie Valès : 

 

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