Fibre optique : Êtes-vous éligible au chèque du gouvernement ?

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Le gouvernement a annoncé ce week-end du 5 février qu’il doublait une subvention pour les ménages français qui ne peuvent pas avoir accès à internet par la fibre optique.

Le gouvernement ne chiffre pas le montant de cette subvention au total pour les finances publiques

On parle bien ici d’une question géographique puisque l’on n’a pas, avec la fibre optique, un service universel. C’est ce que fait La Poste par exemple, en amenant le courrier dans les boîtes aux lettres sur le territoire national. Cela est plus lourd à faire pour les opérateurs quand il s’agit de tirer des câbles, de creuser des tranchées ou de planter des mâts sur toute la carte de France. Et cela dépend d’où vous habitez. Il y a des logements qui ne sont pas raccordés par les opérateurs télécoms (Orange, Bouygues, Free ou SFR) via un réseau filaire, par câble ou par fibre. Il y a aussi des logements qui sont vraiment en bout de ligne classique avec une connexion internet assez lente (le chiffre à retenir est quand vous êtes à moins de 8 Mbit/s). Si c’est votre cas, vous avez le droit aujourd’hui, à un chèque de 150 € pour avoir internet en s’équipant via une autre solution technique.

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Ce chèque passera en avril à 300 €. Cette solution technique, c’est ce qu’on appelle le très haut débit non filaire. Il y a plusieurs méthodes. Soit par chance, la zone en question est bien couverte par de la 4G (voire de la 5G mais c’est encore très rare hors des grandes agglomérations). Dans ce cas, vous pourrez souscrire à une 4G box qui reçoit internet par les ondes 4G et vous recréer un réseau wifi chez vous. Soit, mais c’est là que l’abonnement est très coûteux, en souscrivant un abonnement d’internet par satellite. Je regardais ce matin les tarifs, c’est autour de 50 ou 60 € par mois. Parfois moins, mais dans ce cas il y a pratiquement 200 € de frais de mise en service. La subvention du gouvernement portée à 300 € est donc bienvenue. Reste encore la question du coût. Le gouvernement ne chiffre pas le montant de cette subvention au total pour les finances publiques. C’est vrai que cela faisait longtemps que l’on ne l’avait pas vu sortir le carnet de chèque.

En France, les 2/3 des logements et des locaux d’entreprises sont raccordables à la fibre

Derrière cette mesure, il y a un enjeu très politique et une promesse faite par Emmanuel Macron au début de son mandat. L’enjeu politique saute aux yeux, c’est celui des « territoires », un terme finalement très langue de bois pour parler des zones rurales. La France qui n’a pas la fibre se recoupe en partie avec la France des Gilets jaunes. Celle qui se sent exclue des urbains : tout à proximité, les commerces, les écoles, les transports, la santé, les services publics. Non seulement elle en est privée mais en plus le numérique, qui serait un formidable outil pour compenser cet éloignement, est moins performant pour ces populations. La promesse date de l’été 2017. Emmanuel Macron avait pris tout le monde de court en contredisant même son Premier ministre, Edouard Philippe, qui venait d’annoncer le très haut débit pour tous en 2022. Le président avait dit quelque chose qui a posteriori est assez savoureux : « je vous dis fin 2020 et non pas 2022, car je sais que j’aurai encore l’année 2021 pour pouvoir rattraper les retards ». Il dit alors cette phrase sur le ton de la plaisanterie mais effectivement nous n’y sommes pas et l’année 2021 n’a pas rattrapé le retard pris pendant la pandémie.

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Pour autant on doit bien reconnaître encore une fois, que dans le domaine des télécoms, la France est aujourd’hui en bonne place. Les 2/3 des logements et des locaux d’entreprises sont raccordables à la fibre (raccordables signifie qu’ils ont accès à la fibre ou qu’ils peuvent la demander). Chaque jour, 20 000 nouveaux logements ou nouveaux locaux sont rajoutés. L’enjeu, pour les démarches administratives, pour la recherche d’emploi mais aussi pour le lien social et familial est devenu encore plus évident pour tout le monde avec la pandémie pour au moins deux raisons : la télémédecine, qui concerne potentiellement tous les Français et le télétravail évidemment. Reste comme toujours sur ce sujet, à lutter contre ce qu’on appelle l’illettrisme numérique ou bien si vous aimez les néologismes : l’illectronisme. Ces 15 à 20% de Français qui ne sont pas à l’aise ou même totalement perdus face au numérique. Le gouvernement annonce là aussi, un geste avec des recrutements supplémentaires de conseillers numériques dédiés à cet accompagnement.

François Geffrier

Ecoutez les explications de Francois Geffrier à 6’20 : 

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