Un foyer a été détecté dans les Pyrénées-Atlantiques ce week-end. Des canards ont été abattus dans le Gers la semaine dernière et d’autre vont être aussi abattus préventivement dans 7 autres fermes. C’est ce qu’a annoncé hier la la préfecture.
Depuis le 5 novembre dernier, les éleveurs ont l’obligation de parquer tous les volatiles en intérieur
Dans les Pyrénées-Atlantiques, c’est le premier foyer détecté depuis l’épizootie de l’hiver dernier. Premier cas également détecté ce week-end, dans un élevage de canard des Landes. Évidemment, toute la filière redoute de revivre le cauchemar de l’hiver dernier. Plus de 500 élevages contaminés et 3 000 000 et demi de volatiles abattus. Selon Marie-Hélène Cazaubon, la présidente de la Chambre d’agriculture des Landes, elle-même éleveuse de canards dans le département : « il faut changer de tenue quand on rentre dans un bâtiment d’élevage et surtout ne pas remettre des chaussures qui viennent de l’extérieur parce que c’est comme cela qu’on peut amener le virus à l’intérieur d’un bâtiment. La désinfection des locaux, des véhicules, de tout le matériel qui est utilisé est primordiale ».
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Plus de précautions dans les élevages pour éviter à tout prix la contagion du virus et surtout, l’obligation depuis le 5 novembre dernier, de parquer tous les volatiles en intérieur : « nous avons exceptionnellement mis cet hiver, nos animaux à l’abri, cela permet de limiter l’entrée du virus. Et si en tout cas le virus arrive, cela permet qu’il ne se diffuse pas sur l’extérieur. On est un peu plus serein que nous ne l’étions l’année dernière à la même époque » affirme Marie-Hélène Cazaubon. Plus de plein air possible, tous les canards où toutes les poules doivent donc être en intérieur. Pour les éleveurs, il a donc fallu s’adapter, comme pour David Léger, éleveur de poules pondeuses bio en Normandie : « c’est la cour de récréation, comme pour les enfants. Les poules attendent avec impatience de sortir. Les animaux cloîtrés à l’intérieur peuvent s’énerver. Nous, ce qu’on fait, c’est qu’on baisse la lumière pour essayer de calmer un peu le jeu. On fait ce qu’on peut pour éviter que les animaux soient en souffrance ».
Le Modef, la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique et d’autres associations ont déposé 3 recours devant le Conseil d’Etat
Une petite dérogation existe avec 0,5 m² par volaille en extérieur possible au lieu de 4 m² habituels. Cela pose des problèmes de bien-être. C’est aussi plus de travail pour les éleveurs, un surcoût et des problèmes de volumes de production pour certains éleveurs de canards comme Christophe Mesplède, vice-président du Modef des Landes un syndicats des petites exploitations : « on a grosso modo divisé par deux les volumes de production parce que la mise à l’abri impose d’avoir une capacité en bâtiment que l’on n’a pas forcément ». Mais au-delà de ces contraintes, certains éleveurs comme Christophe Mesplède et David Léger estiment que le plein air est une cible trop facile.
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Claustrer les volailles en cas de risques majeurs et proches, oui, mais pas en permanence ni pendant plusieurs mois : « il faut agir sur la diffusion et notamment limiter les transports. C’est un engagement qui est contenu dans les les accords interprofessionnels mais qui n’est jamais respecté. Vous avez des techniciens qui s’en vont faire des pesées de canards d’un côté et de l’autre, y compris en période à risques. Mettre des animaux à l’intérieur, d’accord, mais je demande à l’Etat de surveiller » affirme David Léger. Le Modef, la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique et d’autres associations ont déposé 3 recours devant le Conseil d’Etat contre ces arrêtés, obligeant la claustration des volailles. Une réponse est attendue d’ici la fin de semaine.
Baptiste Gaborit