Grève retraites: Le gouvernement a fait un pas vers les danseuses et danseurs de l’Opéra

Alors que la grève, soutenue par une majorité de membres du corps de ballet de l’Opéra National de Paris, a déjà provoqué l’annulation d’une cinquantaine de représentations et coûté plus de 8 millions € à l’institution, le gouvernement semble faire marche arrière. Le nouveau régime de retraite par points ne s’appliquerait qu’aux danseurs recrutés à partir de 2022.

 

Les danseurs de l’Opéra de Paris devraient bénéficier de la clause du « grand-père »

Dans une lettre datée du 23 décembre dont le quotidien Les Echos a eu copie, Laurent Pietraszewski, le secrétaire d’État aux retraites, et le ministre de la culture, Franck Riester, expliquent que le nouveau régime de retraite par points ne s’appliquera qu’aux danseurs de l’Opéra de Paris recrutés à partir de 2022. il faudra donc attendre les années 2040 comme la lettre le dit, pour constater les premiers effets. La lettre insiste sur la possibilité de «créer un dispositif interne de cessation de fonctions qui repose par exemple sur l’aptitude ». Les futurs membres du ballet ne danseront évidemment pas jusqu’à 62 ans mais le gouvernement promet « d’élaborer un dispositif pérenne de reconversion professionnelle ».

 

 

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Situation toujours bloquée malgré les concessions

Pour les autres catégories de personnels de l’Opéra, d’autres aménagements ont été promis. Alors que la réforme est censée s’appliquer à partir de la génération 1975 à l’ensemble des travailleurs, elle a été reportée aux générations 1977 ou 1980 à l’Opéra. Par ailleurs, l’exécutif promet des « règles de prise en compte de la pénibilité adaptée aux métiers de l’Opéra ». Tout cela doit être discuté à partir de janvier, et jusqu’à l’automne prochain. Pour rappel, l’Opéra national de Paris et la Comédie-Française sont les seules institutions culturelles concernées par la réforme du gouvernement sur les retraites.

Malgré ces concessions, une sortie de grève dans les jours qui viennent semble néanmoins assez improbable. Le Ballet, dont certaines danseuses se sont produites le 24 décembre sur le parvis de l’Opéra Garnier sur un extrait du Lac des Cygnes de Stravinsky, a mis en place une caisse de solidarité et « certains danseurs commencent à cachetonner à l’extérieur comme le font les musiciens depuis longtemps », commente-t-on en interne. La direction de l’Opéra de Paris redoute des pertes de 12 millions d’euros après les multiples annulations de représentations.

 

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Philippe Gault (avec Les Échos)

 

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