G7 : « Le plus utile depuis très longtemps » estime Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères

Hubert Védrine était l’invité de Guillaume Durand ce lundi 26 août, à 8h15.  L’ancien ministre des Affaires étrangères s’est exprimé sur plusieurs dossiers de l’actualité internationale dont la visite inattendue – en marge du G7 – du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javd Zarifiranien. Hubert Védrine s’est également réjoui du déroulement du sommet qui se tient actuellement à Biarritz et qu’il estime être « le plus utile depuis très longtemps ».

 

G7 : La France, une capacité d’initiative retrouvée

« Le président de la République a peut-être réussi avec ce G7 le plus utile des G7 depuis très longtemps en le faisant évoluer sur beaucoup de plans » a expliqué ce matin l’ancien ministre des Affaires étrangères. Ce dernier s’est réjoui de voir la France recouvrer son rôle diplomatique sur la scène internationale ainsi que sa « capacité d’initiative ». 

« Depuis plus d’une dizaine d’années, la politique étrangère française et la diplomatie étaient menacées par une espèce de langueur, une sorte d’alignement occidentaliste qui lui faisait perdre petit à petit sa capacité d’initiative » a rappelé Hubert Védrine.

Iran : Emmanuel Macron essaye de dégager « une piste différente »

« Donald Trump ne veut pas faire la guerre à L’Iran. Il veut l’asphyxier » assure Hubert Védrine qui évoque un jeu complexe entre différentes forces politiques. Il distingue  : « des forces incontrôlées du côté américain, du côté émirati où ils sont très durs ou en Iran où des gens ont intérêt à l’escalade. » Dans ce contexte, le président Français « tente de dégager une piste différente ». Hubert Védrine poursuit : « C’est très bien. Il faut tenter : c’est le rôle de la France. »

Incendie en Amazonie : Hubert Védrine propose la création d’un « plan mondial de réforestation »

Alors que des incendies ravagent la forêt amazonienne, Hubert Védrine propose la mise en place d’un plan mondial de reforestation dans lequel chaque pays serait obligé de présenter chaque année le bilan de sa déforestation et de sa reforestation. Il voit dans ce projet une manière de répartir la « pression » à l’échelle internationale. En effet, il estime que faire porter le chapeau uniquement au président brésilien relève de « la méthode Trump » et que l’accusation est « un peu grossière » dans la mesure où de « nombreux incendies concernent des pays amazoniens non brésiliens ». Il ajoute : ‘Il est assez injuste de s’en prendre à Bolsonaro en particulier parce qu’il y avait encore plus de défrichements il y a 10 ans » a-t-il précisé. Il reconnait néanmoins que la gravité de l’urgence écologique justifie le fait de « ne pas être dans la dentelle pour dire qu’il y a un vrai sujet ». 

 

Arthur Barbaresi