Etats-Unis : Une cyberattaque vise un réseau d’oléoducs, comment se protéger ?

Des hackers bloquent un gigantesque pipeline aux Etats-Unis, menaçant la moitié de l’alimentation en essence de toute la côte Est. Dans les aéroports de New-York, Charlotte, et les stations-services de Washington ou de Boston, on pourrait très vite manquer de carburant. Car ce maître chanteur informatique a bloqué un tuyau de presque 9.000 kilomètres dans lequel s’écoule chaque jour plus de 380 millions de litres en partant du Golfe du Mexique. Mais au-delà des conducteurs et pilotes américains, nous devons tous nous inquiéter.

Dans la plupart des entreprises, des ordinateurs sont branchés sur le Web et sont donc très vulnérables

Il faut s’inquiéter, parce que le redémarrage de l’oléoduc n’est pas prévu avant ce week-end, et il y a de plus en plus d’attaques informatiques. Parce que ces prises d’otages digitales sont de plus en plus puissantes et pénalisantes et parce qu’on a visiblement beaucoup de mal à se protéger. On a basculé dans un quotidien numérique : aujourd’hui, dans toutes les activités économiques ou presque, on utilise un ordinateur, un smartphone ou un logiciel. Le digital est partout et même au cœur de ce qu’on appelle les infrastructures d’importance vitale. Les hôpitaux, les réseaux électriques, les télécoms, les banques, les ports sont tous les cibles d’attaques et il suffit parfois de trouver un seul point de faiblesse pour bloquer tout le système.

 

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Cyberattaque : payer des rançons n’est une solution qu’à court terme

L’attaque digitale est finalement plus efficace qu’une attaque physique et ce qui fait peur, avec ces hackers qui bloquent des systèmes en échange de demandes de rançons, on sait qu’on a déjà basculé dans une forme de cyber-guerre entre états. On ne peut sans doute pas se protéger complètement, mais on peut réduire les risques : avoir des copies de secours régulières pour éviter d’être bloqué, avoir des infrastructures en double. Mais pour les systèmes les plus critiques, il faudrait passer sur des systèmes propriétaires qui ne sont pas ouverts, pas reliés à Internet. Dans la plupart des entreprises, des ordinateurs sont branchés sur le Web et sont donc très vulnérables. Mais protéger une usine ou oléoduc reste très compliqué car il y a des milliers de capteurs électronique et chaque capteur peut servir de porte d’entrée à un pirate. Ce qui est sûr, c’est que payer des rançons n’est une solution qu’à court terme. On règle ponctuellement le problème mais on arme les hackers pour qu’ils nous attaquent à nouveau.

David Barroux

 

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