Brexit : La libre circulation des musiciens au centre d’un bras de fer entre Londres et Bruxelles

Wikimedia Commons

A cause du Brexit, depuis le 1er janvier, les musiciens ne peuvent plus se déplacer librement entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Des négociations ont été entreprises par Londres et Bruxelles mais n’ont pas abouti, chaque camp en rejetant la responsabilité sur l’autre. Le négociateur européen sur le Brexit, Michel Barnier, a nié jeudi s’être opposé pendant les pourparlers à la libre circulation des musiciens entre le Royaume-Uni et le continent, contrairement à ce qu’affirme Downing Street.

Selon Michel Barnier, « Il n’y a plus de libre circulation puisque les Britanniques n’en veulent plus »

« Dans le premier projet de traité complet, que nous avons proposé dès le mois de mars dernier, on avait fait des propositions assez ambitieuses en matière de mobilité. Y compris pour les catégories spécifiques que sont les journalistes, les artistes, les musiciens et d’autres encore. Mais il faut être deux pour faire un accord », a regretté Michel Barnier, le négociateur européen sur le Brexit, dans un entretien au quotidien belge L’Echo. « Beaucoup des conséquences du Brexit ont été sous-estimées et souvent mal expliquées. Il n’y a plus de libre circulation puisque les Britanniques n’en veulent plus. J’ai beaucoup regretté que les Britanniques n’aient pas davantage d’ambition pour la mobilité des personnes », a-t-il ajouté.

A lire aussi

 

Selon The Independent, Londres aurait refusé une proposition standard de l’UE accordant une exemption de visa de trois mois aux artistes et créateurs. « Ce n’est pas vrai », a répondu mercredi le Premier ministre britannique Boris Johnson. « Nous voulions des droits réciproques pour les musiciens en tournée ». Downing Street avait assuré lundi avoir fait des propositions à l’Union Européenne en vue d’arriver à « un accord ambitieux sur les déplacements temporaires des voyageurs d’affaires qui aurait couvert les musiciens ». Mais « l’UE a refusé », a ajouté un porte-parole de Boris Johnson.

Une pétition pour réclamer l’exemption des visas  pour les musiciens a recueilli près de 250 000 signatures

La fin de la libre circulation entre le continent et le Royaume-Uni depuis le 1er janvier impose à présent à tous les musiciens d’obtenir des visas individuels avant de se déplacer dans tout pays de l’UE, entraînant aussi des coûts supplémentaires. Une pétition auprès du gouvernement et du parlement pour réclamer une exemption de visas pour les professionnels de la musique et artistes a recueilli plus de 247.000 signatures et plusieurs artistes, dont Louis Tomlinson, du groupe One Direction, Thom Yorke, de Radiohead, ou Dua Lipa, ont appelé leurs fans à la soutenir. L’industrie musicale britannique est déjà ravagée par la pandémie de Covid-19 et les nouvelles restrictions ont repoussé sine die la perspective d’un retour dans les salles de concerts, des tournées et des festivals.

Philippe Gault (avec AFP)

 

Retrouvez l’actualité du Classique