Afghanistan : Zafira Ghafari, maire en exil, se dit « prête à parler avec les talibans »

Le magazine Elle donne la parole à une maire afghane en exil. Zafira Ghafari a 29 ans, elle était maire de Maiden Shar, une petite ville de 38 000 habitants à 20 km au sud de Kaboul.

Pour négocier avec les talibans, Zafira Ghafari est prête à rejoindre Kaboul à pied s’il n’y a pas d’avion

Zafira Ghafari a fui son pays pour l’Allemagne, et a été reçue en France il y a quelques jours. Elle fait partie de ces femmes qui ont cru qu’un jour l’émancipation serait possible, qui a pris des responsabilités et qui croit encore en la sincérité des talibans. Voilà ce que dit l’ancienne maire de Maiden Shar dans le magazine Elle : « j’ai besoin d’un signe des talibans qui prouvent qu’ils sont réellement prêts à négocier en faveur des droits fondamentaux. Au nom de toutes les femmes afghanes, je suis prête à leur parler, j’oublierai et je pardonnerai tout ce qu’ils m’ont fait subir, je pardonnerai la mort de mon père, le fait qu’ils aient voulu me tuer, qu’ils aient détruit ma vie ».

A lire aussi

 

Et la jeune femme ajoute que pour négocier avec les talibans, elle est prête à rejoindre Kaboul à pied s’il n’y a pas d’avion. Le magazine Elle lui rappelle alors que les talibans ont déclaré vouloir respecter les droits des femmes dans le cadre de la Charia. Patiente, elle répond que l’Islam n’a jamais empêché les femmes d’être qui elles étaient. Elle y croit encore, Zafira Ghafari, 29 ans, maire d’une ville afghane de 38 000 habitants, ce pays où la plupart des 27 % de femmes qui siégeaient au Parlement ont fui depuis l’évacuation américaine.

 

Les talibans ont exhibé une centaine d’Afghanes à l’université de Kaboul pour mettre en scène leur conception de la femme

Pendant ce temps des femmes voilées font la une du Figaro. Les talibans mettent en scène leur conception de la femme. Elles sont couvertes de ce vêtement noir qui les rend invisibles des pieds à la tête, et dont le Figaro précise qu’interrogés vendredi sur le nom de ce vêtement, ils sont incapables de le nommer. Le quotidien raconte comment les talibans ont présenté à l’université de Kaboul leur conception de la femme un vendredi 11 septembre. Encadrées par des militaires, une centaine d’entre elles ont été exhibées à la presse internationale. L’une d’elles a parlé au Figaro avant de se faire recadrer par un homme qui passait par là. « Je suis ici pour dire que je suis heureuse, enfin, après vingt ans d’invasion étrangère grâce à nos valeureux moudjahidines, l’Afghanistan est devenu un pays adapté aux femmes. Grâce à Dieu, à partir d’aujourd’hui toutes les sœurs d’Afghanistan seront vêtues correctement et celle qui iront à l’université seront séparées des garçons ». C’est curieux mais quand il s’agit des femmes reléguées au second plan par une société archaïque, on ne parle pas d’apartheid.

David Abiker

 

Retrouvez l’actualité du Classique