Immense saxophoniste ténor, Benny Golson est mort chez lui à Manhattan le 21 septembre à l’âge de 95 ans. Le musicien américain était également un compositeur, arrangeur, parolier et producteur très prolifique.
Né à Philadelphie le 25 janvier 1929, Benny Golson avait découvert la musique et le saxophone auprès de ses amis musiciens au lycée. Dans ce groupe : celui qui deviendra son ami le plus proche, le saxophoniste John Coltrane, avec lequel il écume les clubs de la région. Après ses études, Benny Golson, devenu une pointure au saxophone ténor, joue avec les plus grandes formations de l’époque, notamment celles de Benny Goodman, Dizzy Gillespie, Lionel Hampton, Earl Bostic et Art Blakey.
C’est d’ailleurs avec l’orchestre du célèbre batteur, les Jazz Messengers, qu’il se révèle au grand public et commence à composer ses premières œuvres dont certaines deviennent vite des standards et notamment le fameux Blues March qui deviendra le générique emblématique de l’émission d’Europe 1 Pour ceux qui aiment le jazz de Frank Ténot et Daniel Filipacchi dans les années 1960.
Benny Golson a composé et arrangé plus de 300 chansons
Fondateur en 1959 du groupe The Jazztet, qui lança la carrière du jeune pianiste McCoy Tyler, Benny Golson a enregistré plus de 30 albums sous son propre nom mais il a également composé et arrangé de très nombreux morceaux (plus de 300) pour les plus grands artistes tels que Miles Davis, Sammy Davis Jr., Oscar Peterson, Eartha Kitt, Ella Fitzgerald, Shirley Horn, Quincy Jones, Peggy Lee ou encore Diana Ross.
A lire aussi
Benny Golson composa également de nombreuses musiques pour la publicité de grandes marques comme Chevrolet, Canada Dry, Gillette, MacDonald’s et Pepsi Cola et pour des éries télévisées. Pour le cinéma, il composa et interpréta, avec les Jazz Messengers, les musiques de la bande-originale du film d’Edouard Molinaro Les Femmes Disparaissent (1959).
« J’ai eu une histoire d’amour avec la mélodie »
Sur le site de WRTI, la station de radio américaine spécialisée dans le jazz, Benny Golson confia en 2007 : « J’ai eu une histoire d’amour avec les mélodies (…) En ce qui me concerne, ma musique doit toujours avoir un contenu mélodique significatif, quelque chose que l’on fredonne. Je suis de la vieille école, je suppose ».
Laurent de Wilde, qui anime du lundi au vendredi à 19h sur Radio Classique l’émission On The Wilde Side, l’avait accompagné au piano il y a une dizaine d’année lors d’un concert à Lyon. Pour lui, Benny Golson était « Un type adorable, un grand musicien et un immense compositeur ».
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique