Pensionnats pour autochtones au Canada : « Tous les jours, j’ai été maltraitée »

Des dizaines de milliers d’enfants autochtones ont été arrachés à leur famille pendant un siècle et demi au Canada. L’histoire douloureuse s’est réveillée dans le pays depuis le printemps dernier après la découverte de plus d’un millier de corps sur les sites d’anciens pensionnats religieux.

« Tous les jours que j’ai passés au pensionnat, j’ai été maltraitée, ils m’ont presque assassinée »

Depuis cette découverte macabre, les langues se libèrent au Canada et dans le journal La Croix qui publie un reportage ce matin dans la commune de la Tuque, qui hébergeait l’une de ses écoles anglicanes. Madeleine Basile, une ancienne pensionnaire, se souvient d’abord du jour de son départ : « Ma Grand-Mère savait où l’on m’emmenait, elle était inconsolable, j’étais une fille de la forêt et là on m’envoyait dans un cadre où les plus turbulents se faisaient frapper avec les brosses du tableau ». « Moi, on m’a forcé à manger du savon », se souvient une autre pensionnaire. « Du savon, parce que j’avais été prise en train de parler dans ma langue maternelle. La directrice m’a dit : c’est une langue sale, c’est le diable qui parle par ta bouche, c’est pour ça qu’il fallait la laver. Tous les jours que j’ai passés au pensionnat, j’ai été maltraitée, ils m’ont presque assassinée ».

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Des brimades, des violences, des abus sexuels, un traumatisme intergénérationnel, raconte le journaliste Alexis Gacon. Le taux de suicides est aujourd’hui trois fois plus élevé parmi les Premières Nations que dans le reste de la population canadienne. Le juge, désormais en charge de l’enquête résume : « les survivants ne sont jamais vraiment rentrés à la maison. L’Eglise, quant à elle, est loin d’avoir fini son introspection. »

Marc Bourreau

 

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