« Opération humanitaire » à Marioupol : quelles sont les difficultés qui s’annoncent ?

istock

Le 29 mars au plus tard, Emmanuel Macron va s’entretenir avec Vladimir Poutine afin de mener avec la Turquie et la Grèce une opération de sauvetage humanitaire pour les habitants de la ville de Marioupol.

« Les troupes russes craignent que ce corridor humanitaire serve à faire entrer de l’armement »

Emmanuel Macron devrait à nouveau s’entretenir le 28 ou le 29 mars avec son homologue russe Vladimir Poutine. Le chef de l’Etat souhaite notamment s’entretenir avec le Kremlin au sujet d’une opération d’évacuation de la ville de Marioupol. Ce port du sud-est de l’Ukraine est assiégé par l’armée russe, constamment bombardé et privé d’eau et d’électricité. Selon le maire de Marioupol le nombre de civils encore sur place est estimé à 100 000 (150 000 selon Emmanuel Macron le 24 mars). Pour mettre en place cette mission d’évacuation, la France s’associe à la Turquie et à la Grèce. Malgré des soutiens de poids, cette opération soulève de nombreux problèmes et sera difficile à mettre en place et à conduire.

A lire aussi

 

En effet, la France pose trois conditions préalables à cette opération humanitaire : une levée du siège de Marioupol, le droit pour tous les civils de sortir de la ville ou d’y rester, et la possibilité d’acheminer sur place du matériel humanitaire. Le docteur Pierre Micheletti, président d’Action contre la Faim, habitué de ces convois, nous explique que les moindre détails, comme le tracé, les véhicules et les participants à l’opération, doivent être négociés : « les troupes russes sont évidemment extrêmement vigilantes, voire paranoïaques. Elles redoutent que ce corridor humanitaire  serve à faire entrer de l’armement. La question cruciale sera donc sur les modalités de contrôle des véhicules qui entreront en Ukraine ».

La France et 3 autres pays de l’Otan imposent leurs conditions

Raphael Pitti, médecin humanitaire étant intervenu notamment en Syrie, rappelle également que ces couloirs humanitaires peuvent être dangereux : « une action humanitaire entraîne malheureusement souvent la terrorisation des populations. Les Ukrainiens sur place ont le choix de sortir mais avec le risque d’être bombardés. Auquel cas la Russie, comme à son habitude, accusera l’Ukraine d’être responsable de ces bombardements ». Par ailleurs, le rôle opérationnel de la France, la Turquie et la Grèce n’est pas encore définie. Cette question est sensible car les 3 pays sont en effet membres de l’Otan.

Marc Teddé

Ecoutez le reportage de Marc Teddé :

 

Retrouvez les Infos du jour