Guerre en Ukraine : Les bourreaux de Boutcha identifiés sur Internet

Vadim Ghirda/AP/SIPA

Les Anonymous, ces internautes justiciers, cherchent les faits et les preuves. Le Figaro du jour vous explique comment un collectif ukrainien de veille sur Internet a identifié les bourreaux de Boutcha grâce à la divulgation sur internet de l’identité de 120 000 soldats russes.

« Je vous couperai tous la tête »

D’après ce collectif qui porte le nom d’InformNapalm, les premiers soldats soupçonnés de s’être rendu coupables d’exactions appartiennent à l’unité 51460 correspondant à la 64e brigade de fusiliers motorisés de l’armée de terre russe. Ses effectifs sont composés essentiellement de mandchous, peuple toungouse de l’Extrême-Orient russe. Son commandant est le lieutenant colonel Azatbek Asanbekovitch Omurbekov. Les horreurs commises par ses hommes laissent pantelant si l’on prend pour authentique ce témoignage du journaliste ukrainien Evgeny Spirin : « des enfants gisaient au-dehors, les mains liées dans le dos. Ils ont ligoté des enfants et les ont abattus comme des chiens ».

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Sous les ordres du lieutenant-colonel identifié par les veilleurs ukrainiens, Mikhail Tkach, 20 ans. Il est reconnu parmi les auteurs des atrocités commises à Boutcha et retrouvé sur le réseau social russe VK par un journaliste ukrainien. « Tu es un criminel de guerre et un boucher » peut-on lire sur le compte en ligne du soldat, ainsi que : « sur tes mains il y a le sang des civils exécutés à Boutcha, tu rôtiras en enfer ». Mikhail Tkach répond aussitôt comme on répond sur Facebook : « je suis déjà sur le chemin du retour et je vais bientôt vous niquer. Je vous couperai tous la tête ». Pour la première fois dans l’histoire, conclut Le Figaro, les auteurs de crimes de guerre ne sont plus anonymes, leurs noms, comme celui de ce jeune soldat de 20 ans, s’étalent sur de longues listes accessibles à tous. Internet n’empêche pas la guerre mais il accélère l’information sur ceux qui la font.

David Abiker

 

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