Une ritournelle connue de tous. Un incontournable des boîtes à musique. Une mélodie qui frétille à l’oreille : dans quelles eaux Schubert est-il donc aller pêcher cet air devenu presque galvaudé ?
Il s’agit, à l’origine, d’un air chanté. Un lied, le bien nommé Die Forelle op. 32 D. 550, dont les paroles sont adaptées d’un poème éponyme de Schubart – et non Schubert !
Schubart était un poète et compositeur allemand du 18ème siècle. Son sens de la provocation et sa trop grande liberté d’esprit lui vaudront plusieurs années de prison, au cours desquelles il écrira ce fameux poème. Il faudra attendre le siècle d’après pour que Schubert – et non Schubart ! – en fasse un lied, en 1817.
La Truite, victime de sa popularité
L’histoire de ce lied est relativement simple : un narrateur inconnu assiste, impuissant, à la prise d’une truite par un pêcheur. Cet événement a pour effet de plonger le narrateur dans un profond désarroi et de troubler la sérénité des lieux. Une histoire plutôt légère en comparaison du texte original dont une partie a volontairement été mise de côté par le compositeur : une histoire de prédation doublée d’un avertissement, celui de ne pas succomber à la séduction d’un inconnu, qui n’est autre ici que le pêcheur.
Victime de sa popularité – et sur la recommandation d’un mécène et musicien amateur de Schubert, un dénommé Paumgartner – ce lied fera l’objet d’une reprise avec la composition, en 1819, d’un quintette pour piano, le Quintette en la majeur, D. 667, que l’on surnomme également : la Truite !
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L’air en question peut être entendu dans le quatrième mouvement, construit ici sur le principe du « thème et variations », pour une durée d’exécution qui avoisine généralement les sept minutes.
Notons qu’il s’agit ici du seul quintette avec piano de Schubert, son deuxième et dernier quintette, le Quintette en ut majeur, D. 956, étant dédié au violoncelle.
Clément Serrano
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