Franz Schubert compte parmi les plus grands mélodistes de l’histoire de la musique. Son inépuisable capacité de consolation, sa mélancolie attendrie et sa main tendue vers l’auditeur, jamais directive, toujours accueillante, sont la marque de cet incomparable génie mort à 31 ans.
Beaucoup de compositeurs se sont impliqués dans leur musique, mais il n’y en a pas tellement qui ont réussi comme Schubert à révéler une partie de leur moi le plus intime.
Le regretté André Tubeuf, dans son dernier livre qui s’intitule Schubert l’ami Franz, paru aux éditions Actes Sud, disait : « L’ami Franz avait en lui de façon innée et jaillissante le génie du son et ce génie il le dispensait corne d’abondance par cet autre don en lui inné, le don mélodique qui incite au chant. »
Schubert nous livre beaucoup de lui-même dans sa musique. Contrairement à Mozart ou Haydn, lorsqu’on prête l’oreille à la musique de Schubert, on a le sentiment d’être à ses côtés, de le regarder travailler et même de partager certaines de ses pensées secrètes.
Franz Schubert complètement absorbé par son génie
Les témoignages laissés par ses proches nous apprennent combien il était aimé de ceux qui l’ont connu. Le dramaturge Eduard von Bauernfeld note dans son Journal au moment de la mort de Schubert la douleur qu’il a de le voir disparaître, de voir disparaître « l’âme la plus noble, l’ami le plus fidèle », qu’il décrit par ailleurs comme « le plus taciturne des êtres ». Schubert était d’une grande timidité, il dissimulait une nature chaleureuse sous une grande réserve.
Le peintre et ami du maître, Moritz von Schwind remarque peu après sa disparition : « Plus je considère ce qu’il était et plus je comprends ce qu’il a souffert. » Les détails recueillis permettent d’imaginer un homme complètement absorbé par son génie – ses amis l’appelaient « le clairvoyant » – et en même temps incapable d’utiliser ses dons pour se mettre en valeur.
Franz Schubert, un homme joyeux mais solitaire
Franz Schubert passe ses journées dans la solitude, et on ne sait d’ailleurs pas grand-chose de sa méthode de travail. Il est d’un caractère joyeux dans les cafés et tavernes où il retrouve ses amis, de même que dans les collégiales de musique appelées « schubertiades », où il fait preuve d’une grande gaité. Cependant, le compositeur viennois est sujet à la dépression et noie sa mélancolie dans la boisson, qui l’aide à dominer l’incompréhensible nostalgie qui l’oppresse.
Il faut dire que la nature n’a pas doté Franz Schubert d’un physique très avantageux. Il est de petite taille et, pour cette raison, se fait appeler « le petit champignon ». Son ami Sonnleithner décrit une « masse de cheveux bouclés », des « épaules et un dos ronds », de « gros bras », des « mains aux doigts courts » et enfin des « yeux d’un bleu tirant sur le gris ».
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Il marche souvent le dos vouté et son expression est plutôt fermée et maussade. Lorsqu’on demande à Moritz von Schwind à quoi ressemblait son ami Schubert, celui-ci répondait : « à un cocher saoul ». D’autres disent qu’il avait l’allure d’un paysan bavarois et manquait totalement de distinction. Il n’est pas très gâté par son physique.
Franck Ferrand vous raconte la suite…