Eclipse solaire, passage d’une comète, sécheresses inhabituelles suivies de pluies diluviennes, famines et épidémies, le passage à l’An mil a suscité une grande peur, annonciateur d’un « monde que cerne la fin » pour reprendre les mots de Georges Duby. Franck Ferrand revient sur cet événement perçu par les contemporains comme l’arrivée d’une apocalypse.
Combien étaient-ils le premier jour de l’An mil à savoir qu’ils étaient entrés dans l’An mil? En fait, ils n’étaient pas nombreux. À la fin du Moyen Age, la majeure partie de la population est illettrée, le temps est essentiellement rythmé par la cloche de l’église paroissiale ou du monastère le plus proche qui sonne les prières de la journée.
À cette époque, les années sont calculées de façon approximative en se référant par exemple à la dernière grande épidémie ou au début du règne du souverain lorsqu’on n’en est pas trop éloigné.
Le passage à l’An mil, annonciateur d’une apocalypse imminente
D’ailleurs, le début d’une nouvelle année n’a pas de date arrêtée. Cela change en fonction des régions : certains font commencer l’année le 1er mars, d’autres à Pâques ou à Noël, assez peu somme toute le 1er janvier.
À la charnière des Xe et XIe siècles, les grandes invasions sont maintenant nettement moins nombreuses. Les Sarrasins ont été refoulés au-delà des Pyrénées, les Vikings ont été fixés en Normandie mais pourtant le passage à l’An mil va susciter une peur qui va s’étendre à une partie de l’Occident.
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Ce n’est pas nouveau. La fin des temps a souvent été évoquée à l’époque. Les hommes vivent quotidiennement dans la peur de la punition divine. Mais, un certain nombre d’événements laissent présager une apocalypse imminente.
La suite, c’est Franck Ferrand qui vous la raconte…