Qui ne connaît pas le célèbre « Halleluja » de Georg Friedrich Haendel ? Composé en seulement 24 jours, le Messie a été créé à Dublin en 1741 et aussitôt consacré comme un chef-d’œuvre. Dans cette vaste fresque, Haendel déploie toutes les nuances de son art consommé de la peinture sonore.
Charles Jennens est au milieu du XVIIIe siècle un dévot de la Haute Église anglicane. À l’été 1741, lui qui se pique d’écrire des livrets pieux va préparer un nouveau travail, un oratorio à partir des quatorze livres des deux Testaments. Voici ce que Charles Jennens écrit à un ami :
« Haendel dit qu’il ne va rien composer l’hiver prochain, mais j’espère pouvoir le persuader de mettre en musique un autre recueil basé sur les Saintes Écritures, que j’ai réalisé pour lui et de le faire représenter à son propre profit durant la Semaine sainte. J’espère qu’il donnera libre cours à tout son génie et à tout son art afin que cette composition puisse surpasser toutes ses compositions antérieures, de même que ce sujet surpasse tous les sujets puisque le sujet c’est le Messie. »
Un équilibre subtile entre récitatifs, aria et chœurs
Georg Friedrich Haendel va écrire sa partition en seulement 24 jours. C’est une célérité absolument invraisemblable, mais qui, dans son cas, n’est pas tout à fait inhabituelle. Précisons que certains moments culminants parmi les plus connus de cet oratorio le Messie sont repris de compositions antérieures. Il est alors assez courant à cette époque, et tout particulièrement chez Haendel, de recycler des travaux dont on disposait déjà.
Le texte concocté par Charles Jennens relève moins de l’histoire sacrée que d’une louange et d’une méditation sur le mystère de la rédemption et sur la relation qu’entretient l’homme avec Dieu. C’est pourquoi, le titre de Messie se révèle un peu trompeur selon le mot de Jean-François Labie : « Le Christ en est aussi absent que l’est l’arlésienne de la musique de scène de Bizet. »
À lire aussi
L’équilibre dans cette œuvre entre des récitatifs qui sont assez peu nombreux, des arias et des chœurs, est très efficace et concourt à une intensité, sans débauche de moyens. L’orchestration est très savante. Quant à l’objet poursuivi par le compositeur, Haendel commentera : « Je suis désolé d’avoir seulement diverti le public. Moi, ce que je désirais, c’était de le rendre meilleur. »
Franck Ferrand vous raconte la suite…
Retrouvez Le meilleur de Franck Ferrand raconte