Le Barbier de Séville est un chef d’œuvre incontesté de l’opéra bouffe italien. Pourtant, le soir de la première, le 20 février 1816 à Rome, c’est un fiasco terrible. Le désastre oublié, le succès est au rendez-vous pour l’œuvre de Rossini tirée de la pièce de Beaumarchais, et dont le livret est signé Cesare Sterbini. Du faux soldat au mariage surprise : plongez au cœur de l’intrigue du Barbier de Séville de Rossini !
Le barbier de Séville sera à l’affiche de l’Opéra de Paris à partir du 12 septembre
À l’aube, dans une rue de Séville, un homme fait les cents pas sous la fenêtre d’une jeune femme qu’il désire séduire. Cet homme est le Comte Almaviva, un seigneur déguisé en étudiant afin de se faire passer pour un gentilhomme.
Dans l’air « Ecco ridente in cielo » (« Voici riant dans le ciel »), il chante avec douceur son amour pour la belle Rosine, et exprime son souhait de l’apercevoir sur son balcon avant le lever du jour.
Mais quelqu’un approche dans la rue… Vite, le comte se cache. Un homme apparaît, transportant une carriole chargée de ciseaux, de rasoirs, de peignes et de bistouris. C’est le factotum, l’homme à tout faire de la cité, autrement dit le barbier de Séville. Il entonne le célèbre air « Largo al factotum » (« Faites place au factotum »).
Hommes, femmes et enfants, il est sollicité de toutes parts. Le Comte Almaviva reconnaît en cet énergique personnage son ancien valet, Figaro. Il l’aborde et lui expose la raison de sa venue en ville.
Il y a plusieurs mois, alors qu’il se promenait à Madrid, il est tombé sous le charme d’une magnifique femme à la chevelure brune. Habité par un amour naissant, il n’a eu de cesse de la chercher avant de retrouver sa trace à Séville. Depuis, il attend nuit et jour sous son balcon dans l’espoir de la revoir et de l’épouser.
Rosine est promise au docteur Bartholo
Figaro lui apprend qu’il existe un obstacle à son projet : elle est la protégée du docteur Bartholo, qui désire secrètement en faire sa femme.
Quand Rosine apparaît sur son balcon, accompagnée de Bartholo, nos deux protagonistes se cachent. Pendant qu’ils parlent, Rosine fait incidemment tomber la partition d’une chanson qu’elle tenait dans les mains.
Il s’agit en réalité d’un signe adressé à l’homme qui rôde sous sa fenêtre. Alors que le médecin descend récupérer les feuilles, Rosine en profite pour sommer le Comte de ramasser le papier qui lui est destiné, ce qu’il s’empresse de faire avant de s’enfuir. Une fois à l’abri des regards, le Comte et Figaro prennent connaissance du billet.
Le Comte Almaviva se fait passer pour un simple étudiant
Rosine demande à son mystérieux prétendant de se faire connaître en chanson. Pour cela, ils attendent que Bartholo quitte la maison. Lorsque ce dernier s’en va, il maugrée, préoccupé de ne pas avoir vu un certain Don Bazile, en charge de la préparation de son mariage avec sa pupille. Malheur ! L’union est prévue pour le lendemain. Mort d’inquiétude, le Comte désespère mais ne perd pas son objectif de vue.
Le Comte prépare sa voix et laisse son cœur parler. Rusé, Figaro lui prête même sa guitare pour qu’il puisse user de son charme. Il se présente à Rosine comme un simple étudiant nommé Lindor, dont les pensées sont habitées par le souvenir de sa beauté. Il lui livre son cœur tout en lui promettant fidélité.
C’est aux sons de ces douces paroles que la jeune femme paraît à son balcon et chante en réponse son amour. Mais ce moment est brusquement interrompu par des bruits de pas qui se rapprochent de sa chambre. Rosine s’enfuit.
Le Comte Almaviva se déguisera en soldat pour approcher sa bien-aimée
En échange de pièces d’or, le Comte fait promettre à Figaro de l’aider à entrer dans la demeure de sa bien-aimée. En effet, l’homme à tout faire fournit les médicaments de Bartholo, et dispose ainsi d’une porte d’entrée dans leur maison.
Le valet suggère à son ancien maître de se déguiser en soldat et de se présenter chez le médecin et sa pupille. Pour paraître inoffensif, il fera croire qu’il est ivre afin de pouvoir dormir chez eux. Le plan est acté.

De son côté, le cœur de Rosine a été touché, et elle n’aspire qu’à une chose : retrouver le beau Lindor. Comment faire ? Elle décide de lui écrire une lettre d’amour en cachette. C’est à ce moment qu’arrive Figaro. La jeune femme l’interroge sur l’homme qui l’accompagnait plus tôt. Le factotum lui explique que Lindor n’a qu’un défaut : il est amoureux d’une femme à la belle chevelure noire et aux pommettes roses.
C’est une évidence, Rosine comprend qu’il s’agit d’elle. Ils se mettent donc d’accord pour envoyer la lettre qu’elle avait commencée.
Avancer le mariage pour déjouer les plans du Comte Almaviva ?
Leur échange est interrompu par l’arrivée de Bartholo, laissant juste un instant à Figaro pour se cacher dans le salon. C’est alors que Don Bazile arrive chez le docteur pour l’informer des dernières nouvelles. Il le met en garde contre le Comte Almaviva qu’il a vu rôder dans le quartier et qui pourrait chercher à rencontrer sa petite protégée. Dans l’air de la calomnie, il propose de propager des rumeurs infamantes pour nuire à sa réputation et éloigner son ennemi. Bartholo somme Bazile de préparer le contrat de mariage plus tôt que prévu, ce que ce dernier accepte à la vue d’une bourse d’or.
Une fois les deux hommes repartis, Figaro prévient Rosine de l’imminence du mariage. Elle reste un instant interdite, avant que les pas de Bartholo ne la sortent de sa stupeur.
Alors que Figaro est reparti, le médecin revient, songeur. Ses soupçons le poussent à interroger Rosine sur sa discussion avec l’homme à tout faire. Pourquoi a-t-elle les doigts tachés d’encre ? Pourquoi manque-t-il une feuille de papier sur le bureau ? Et pourquoi la plume est-elle bien taillée ? La jeune femme tente de mentir, mais en vain. Son protecteur semble deviner ce qu’il se passe sous son nez. Il comprend que sa pupille a écrit une lettre à un autre que lui. Il prend une décision radicale : à chaque fois qu’il sortira, il fermera la porte à double tour pour qu’elle ne puisse pas s’échapper.
Bartholo devine la supercherie et met à la porte le Comte Almaviva déguisé en soldat
Un peu plus tard, le Comte Almaviva met le plan à exécution et se présente chez eux déguisé en soldat. Bruyant et chancelant, il feint d’être ivre, comme convenu plus tôt avec Figaro. En bon comédien, il explique à Bartholo être un vétéran du régiment ayant reçu l’ordre de loger chez lui. Cependant, le docteur fait valoir son haut statut et explique être exempt de cette obligation.
Au milieu de ce chaos, Rosine comprend qu’il s’agit en réalité de Lindor. Ce dernier tente par tous les moyens de lui remettre une lettre, mais Bartholo se rend compte de la supercherie et le met à la porte. Furieux, il exige de voir la note que sa protégée tient dans les mains.
Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’avec habileté elle est parvenue à l’intervertir avec une lettre de son cousin. Surpris, Bartholo ne sait plus où se mettre et se querelle avec le faux soldat, avant de le mettre à la porte. Une fois son tuteur sorti, Rosine peut enfin lire la lettre de Lindor. Il lui recommandait de provoquer une querelle avec son protecteur.
Rosine reconnaît Lindor, cette fois déguisé en professeur de chant
Le lendemain, le Comte Almaviva se présente de nouveau chez Bartholo, déguisé en professeur de chant. Il prétend être Don Alonzo, le remplaçant de Don Bazile, soi-disant malade. Le médecin n’y voit que du feu et lui accorde sa confiance. Dès qu’elle croise son regard, Rosine reconnaît son bien-aimé et accepte avec plaisir la leçon de musique.
C’est un moment précieux qu’elle partage avec lui à travers l’air « Contro un cor che accende amore » (traduisez « Contre un cœur qu’embrase l’amour »), dans lequel elle explique être en proie à un amour profond. Elle fait ainsi comprendre au Comte qu’elle est prête à tout pour être avec lui. C’est alors qu’arrive le barbier Figaro pour son rendez-vous avec Bartholo.

Soudain, pendant que Figaro s’occupe du médecin, Don Bazile fait irruption dans la maison. Effrayé de voir la supercherie dévoilée, le Comte Almaviva tente de le convaincre qu’il est brûlant et qu’il a un teint cadavérique. C’est certain, il a de la fièvre ! Le Comte le met à la porte, après lui avoir glissé une bourse d’argent dans les mains…
Alors que le Comte se retrouve de nouveau seul avec Rosine, il lui fait la promesse de venir la chercher à minuit. Il baisse sa garde et lui explique être Lindor, sans voir que Bartholo les épie. C’en est trop pour le vieux médecin qui entre dans une colère noire et fait fuir son ennemi ainsi que son ancien valet.
Rosine apprend avec joie la véritable identité de Lindor
Une fois la nuit tombée, Bartholo s’entretient avec Rosine et lui fait part de sa découverte. Il lui révèle que Lindor est en réalité le messager du Comte Almaviva. Humiliée, la jeune femme jure d’épouser son protecteur. À ce moment, Figaro et le Comte parviennent à s’introduire dans l’appartement de Rosine.
Cette dernière leur réserve un accueil glacial, atterrée d’avoir été trompée. Elle est persuadée que Lindor s’est rapproché d’elle uniquement pour l’emmener auprès du Comte Almaviva. C’est alors qu’il décide de lui dévoiler sa véritable identité. Il est le Comte Almaviva en personne ! Stupéfaite, Rosine manque de s’évanouir. Elle fait part de son immense bonheur à la pensée de son avenir d’épouse de seigneur.
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Mais des bruits se font entendre ; quelqu’un approche de la porte de la maison. En effet, Don Bazile et le notaire ont rendez-vous avec Bartholo pour officialiser son mariage avec sa protégée. Figaro profite de cette situation et fait passer Rosine pour sa nièce. Il fait croire à son union imminente avec le Comte Almaviva.
Pour convaincre Don Bazile d’être leur témoin, Figaro lui glisse une irrésistible bourse d’argent dans les mains, et, naturellement, ce dernier accepte sans lutter. Leur rêve se réalise enfin, ils sont unis par les liens du mariage. Soudain, Bartholo arrive avec la police, déterminé à chasser son ennemi. À son grand malheur, les gardes ne peuvent rien contre un seigneur, et le médecin se retrouve contraint d’accepter leur union.
Maeva Mellado
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