La Grande guerre du capitaine de Gaulle : dès la Première guerre mondiale, il s’est distingué par son esprit combatif

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De la vie tellement connue du général de Gaulle, la période de la Grande Guerre est sans aucun doute la moins connue. Pourtant, tous les traits du personnage s’y trouvent déjà révélés.   

L’historien Julian Jackson a écrit une grande biographie aux éditions du Seuil, intitulée De Gaulle, une certaine idée de la France. Il y raconte que Charles de Gaulle passe ses vacances d’été dans un village du pays de Bade, afin de parfaire sa maîtrise « de la langue de l’ennemi », comme il l’écrit. L’allemand était certainement la langue qu’il maîtrisait le mieux, et il avait une assez grande familiarité avec la littérature allemande qu’il cite fréquemment, notamment Goethe.

Mais les lettres qu’il envoie à sa famille pendant ce séjour ne manifestent nulle fascination pour l’Allemagne. Il paraît indifférent à ce qui l’entoure : la campagne, l’architecture, la culture. Une seule chose le fascine : la guerre, la précédente et la suivante. Il est particulièrement intrigué par les traces de la guerre de 1870, et note que dans chaque village, on trouve une plaque avec le nom des soldats morts pendant ce conflit.

Charles de Gaulle sort de Saint-Cyr avec un bon classement

Comme une grande partie des Français, de Gaulle n’attend qu’une chose : prendre la revanche sur l’Allemagne. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que la revanche est proche et qu’il va y prendre une pleine part.

En 1912, le sous-lieutenant de Gaulle sort de l’école militaire de Saint-Cyr avec un bon classement : il est 13e de sa promotion. Il choisit de rejoindre l’infanterie et retourne au sein du 33e régiment, désormais dirigé par un certain colonel Pétain. De Gaulle, comme tous ses contemporains, observe cette marche inévitable vers la guerre.

De Gaulle est enthousiaste à l’annonce de la guerre, il veut une revanche

Le 1er août 1914, il se procure un petit carnet dans lequel il note tout ce qu’il vit au quotidien, ses impressions. Le lendemain, ce n’est pas un hasard, la guerre éclate entre la France et l’Allemagne. De Gaulle fait partie de ceux qui sont enthousiastes à l’annonce de cette guerre. L’heure de la revanche qu’il espérait a sonné. Dans ses mémoires, il écrira : « Ma prime jeunesse imaginait sans horreur et magnifiait à l’avance cette aventure inconnue. »

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Blessé dès son premier combat à Dinant, en Belgique en août 1914, puis à plusieurs reprises, Charles de Gaulle multiplie les retours au front malgré ses blessures, mu par une rage de combattre. À Verdun, en mars 1916, grièvement blessé et laissé pour mort, il est fait prisonnier par les Allemands. Refusant la captivité comme un déshonneur, il multiplie les tentatives d’évasion jusqu’à l’armistice de novembre 1918, avant de retrouver sa famille en Dordogne.

Franck Ferrand vous raconte le parcours méconnu de Charles de Gaulle :

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