Réchauffement climatique : Des vagues de chaleur historiques en Antarctique et en Arctique

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Les vagues de chaleur se multiplient dans le monde et les pôles, Nord et Sud, ne sont pas épargnés. Avec des températures à 40° au-dessus des normales saisonnières, l’Est de l’Antarctique a enregistré le 18 mars des chaleurs exceptionnelles.

-11° au lieu de -45° : record absolu de chaleur en Antarctique

La base de recherche franco-italienne de Concordia, installée sur le Dôme C du plateau antarctique à plus de 3000m d’altitude, a enregistré le 18 mars une température de -11.5°. Cette température négative demeure une chaleur jamais enregistrée jusque-là, nous précise Gaétan Heymes, météorologue à Météo France : « cette valeur est plus de 30° supérieure à ce qu’on observe d’habitude à la mi-mars en Antarctique. Même pendant l’été austral, entre décembre et janvier, une telle température n’a jamais été enregistrée ». En effet ce record absolu est un écart de près de 40° pour la saison. Au début de l’automne sur la base de Concordia on enregistre normalement des températures de -45°. Il faut noter que cette vague de chaleur est liée à une rivière atmosphérique et que ce phénomène est connu des scientifiques : « ce phénomène se caractérise par un apport massif de vapeur d’eau dans l’atmosphère et un très net réchauffement des températures à son passage. Ce changement atmosphérique n’est pas inédit mais son intensité est sans précédent ».

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Gerhard Krinner, climatologue, spécialiste des pôles et directeur de recherche au CNRS et à l’Institut des géosciences de l’environnement de Grenoble, nous indique également que la base française Dumont d’Urville, sur la côte Antarctique, a enregistré le 18 mars un autre record de douceur (+4,9°). S’il est impossible scientifiquement d’attribuer cet évènement particulier au réchauffement climatique, les vagues de chaleur sont bien une des conséquences les plus visibles du changement climatique : « les scientifiques pensent que la même situation de circulation atmosphérique n’aurait pas fait autant augmenter les températures sans le changement climatique ». Selon les chercheurs, cette vague de chaleur n’aura pas d’impact sur la fonte des glaciers car l’évènement est trop court. Pourtant cela arrive au moment où, fin février, la banquise a atteint sa plus petite superficie enregistrée depuis le début des mesures satellites.

En Arctique 40% de la banquise a disparu

Les tendances pour l’Antarctique restent tout de même floues avoue Gerhard Krinner : « en Antarctique, la banquise augmente ou diminue selon les années. On ne peut donc établir de tendances significatives pour cette région ». Au pôle Nord cependant les tendances sont bien visibles. L’Arctique a aussi enregistré des températures de 30 degrés supérieures à la normale la semaine dernière et se réchauffe 3 à 4 fois plus vite que le reste de la planète. La disparition de la banquise arctique s’accélère, elle a fondu de 40% en 40 ans, et au Groenland, la fonte de la calotte polaire a été multipliée par 7 entre 1990 et 2019.

Baptiste Gaborit

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