Protection animale : La régulation des loups en France, un véritable casse-tête

La présence des loups en France est un dossier qui demeure extrêmement sensible. L’ONG One Voice attaque deux arrêtés dont l’un fixe le nombre maximum de loups pouvant être tués chaque année. L’audience devant le Conseil d’Etat se tient le 23 mars, alors même que les éleveurs assurent que le nombre de loups est sous-estimé en France.

 « Le traitement infligé aux loups en France est une honte », selon l’ONG One Voice

Le protocole d’intervention sur la population de loups fixe un seuil de prélèvement maximal de 19% des effectifs estimés en France, soit 118 canidés. L’an dernier, c’est donc plus d’une centaine de loups qui ont été abattus légalement. Muriel Arnal, présidente de l’ONG One Voice, trouve cela inadmissible car le loup est une espèce protégée en France : « 1 loup sur 5 va être tué et des meutes entières seront détruites et désorganisées. Pourtant, le Conseil national de la protection de la nature et les scientifiques jugent ces animaux vulnérables et insistent pour les épargner. Le traitement infligé aux loups en France est une honte ». Si ces tirs létaux sont prévus pour réguler la population sans la mettre en danger et pour réduire les attaques de troupeaux attribuées aux loups, l’ONG estime qu’il existe d’autres solutions : « de nombreuses solutions existent pour protéger les troupeaux, comme mettre des clôtures, des chiens ou un système de gardiennage efficace. Le problème c’est qu’il n’y a aucune volonté de préservation de l’espèce. À une époque où le contrôle de la biodiversité est essentiel, cela est insensé ».

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Pour d’autres raisons, ce seuil maximal de loups abattus est également remis en cause par les éleveurs et les chasseurs. En effet, ils estiment que le nombre de loups en France est largement sous-estimé. Alors que l’Office français de la biodiversité estime le nombre de loups à 624, Sandrine Hauser, éleveuse dans les Hautes-Alpes et responsable des dossiers loups à la FNSEA, s’insurge face à ce bilan minoré : « le chiffre de l’OFB est complétement faux. Nous possédons des vidéos de meutes non répertoriées. On espère, à l’avenir, que ces documents serviront à comptabiliser correctement l’espèce ». L’OFB se base sur des observations, des relevés sur le terrain, des photographies mais ces résultats sont une estimation. Il paraît donc impossible de déterminer le nombre exact de loups présents en France. De ce fait, selon Sandrine Hauser, une estimation trop basse rendrait inefficace la régularisation : « si l’on n’arrive pas à compter efficacement les loups toute la régulation se retrouve faussée. Il est impossible de réguler l’espèce tant qu’on ne sait pas réellement combien ils sont sur le territoire français ».

Il est impossible de déterminer le nombre exact de loups en France

C’est pourquoi plusieurs fédérations de chasseurs tentent de compter les loups présents sur leur territoire en organisant par exemple des campagnes de « hurlements provoqués ». Cette technique a pour but d’imiter les hurlements des loups et de les compter au moment de leurs réponses. Dans la Drôme, deux opérations de ce type ont été réalisées l’été dernier et dans les Hautes-Alpes, des formations sont organisées pour apprendre aux éleveurs à identifier les preuves de la présence du loup. À noter que plusieurs ONG ont décidé de boycotter les réunions du Groupe National Loup jugeant leur campagne comme de la désinformation sur le nombre de canidés en France.

Baptiste Gaborit

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