COP26 : Pour réduire le méthane de 30% d’ici 2030, il faut aussi rééquilibrer l’alimentation des vaches

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La COP26 décide de s’attaquer au méthane : une centaine de pays, parmi lesquels les Etats-Unis et tous ceux de l’Union Européenne, se sont engagés ce mardi 2 octobre à Glasgow, à réduire leurs émissions de méthane.

Le méthane est le deuxième gaz à effet de serre après le CO2

C’est une première à l’échelle internationale pour ce puissant gaz à effet de serre. Une bonne nouvelle dans la lutte contre le réchauffement climatique. C’est aussi un accord significatif et un moment historique pour Faith Birol, le patron de l’Agence internationale de l’énergie. Le méthane est le deuxième gaz à effet de serre après le CO2. On en émet beaucoup moins mais il reste très puissant car son pouvoir de réchauffement est 30 fois plus important que le CO2 sur un siècle et même 80 fois plus important sur une échelle de 20 ans.

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Selon Philippe Ciais, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement « c’est très important parce que le méthane est un gaz très puissant par rapport au CO2. Si on réduit les émissions on verra la température diminuer. Réduire les émissions de méthane le plus tôt et le plus fort possible serait bénéfique pour le climat à court terme ». Ce gaz est puissant mais sa durée de vie dans l’atmosphère est d’une dizaine d’années seulement contre des centaines pour le CO2. Réduire les émissions de méthane permet donc de faire baisser la température rapidement. On sait le faire, les techniques sont disponibles notamment dans le secteur des énergies fossiles : 25% des émissions de méthane viennent de fuites pendant le transport ou l’extraction de pétrole ou de gaz. On peut tout à fait faire des usines d’extraction qui réduisent leurs émissions de méthane selon Philippe Ciais.

L’agriculture pèse pour 40% des émissions mondiales de méthane

Les pays signataires de l’accord se sont engagés à réduire de 30% leurs émissions d’ici 2030. L’agriculture pèse pour 40% des émissions mondiales de méthane à travers notamment, les rots des vaches. Une vache émet environ 80 kilos de méthane par an alors pour réduire ces émissions, les chercheurs travaillent beaucoup sur l’alimentation des ruminants. C’est ce que fait l’association Bleu-Blanc-Cœur, qui regroupe 800 éleveurs laitiers en France. Selon Nathalie Kerhoas, sa directrice : « quand la vache produit trop de méthane c’est qu’il y a un déséquilibre alimentaire. L’idée est donc de rééquilibrer l’alimentation de ces vaches laitières avec des sources végétales et des intérêts nutritionnels parmi lesquels l’herbe, la luzerne, la graine de lin vont améliorer le processus de digestion et donc limiter la production de méthane ».

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On a constaté des résultats significatifs avec une baisse de 20% d’émissions de méthane dans les élevages engagés. Des chercheurs travaillent également sur l’ail comme aliment pour les vaches. D’autres misent sur des algues rouges en additifs qui pourraient permettre de réduire de 80% les émissions de méthane selon des chercheurs américains. L’ONU rappelle de son côté qu’il faudra avant tout miser sur des changements de comportement, une baisse de la consommation de viande et donc une moindre production.

Baptiste Gaborit

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