Inflation : Dans l’aérien, les prix des billets décollent

On parle de plus en plus de l’inflation et il y a un secteur dans lequel la hausse des prix est déjà d’actualité… c’est dans le transport aérien ! Les prix décollent aussi vite que les avions.

Les billets pour l’outre-mer ont grimpé de 8.2% en février

En fin d’année dernière on était déjà sur une pente d’environ +5% mais la tendance s’est accélérée début 2022, puisqu’en février la hausse en France est de 7% en moyenne. La bonne nouvelle c’est que sur les liaisons domestiques, les prix qui avaient grimpé l’an dernier se sont légèrement retournés en début d’année. Mais sur le moyen et le long courrier, les hausses sont de plus en plus nettes. Sur l’outre-mer on peut même parler de flambée puisqu’on est à +8,2% en février. Alors on peut toujours se rassurer en se disant qu’aux Etats-Unis c’est pire parce que la hausse est de 12% mais pour ceux qui ont prévu de prendre l’avion cet été, juste un conseil, il vaut mieux acheter votre billet au plus vite.

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Les prix vont continuer de monter à court terme. Déjà parce que les prix avaient pas mal baissé dans les années pré-covid. Ensuite parce que l’aérien n’est pas immunisé contre l’inflation globale. Quand le carburant qui représente entre 35 % à 45 % du coût d’un vol long-courrier et de 25 % à 35 % pour un moyen-courrier double en un an, forcément cela finit par avoir un impact. Ensuite il y a l’effet de la guerre en Ukraine. On ne peut plus survoler l’espace russe pour aller en Asie par exemple. On est obligé de prendre une route dite du Sud ou du pôle. C’est plus long, on brûle plus d’un kérozène qui coûte plus cher et donc fatalement, la facture grimpe pour les compagnies et il n’y a pas de miracle, au final c’est au client de payer.

 

La guerre des prix entre compagnies aériennes risque d’être moins vive dans les prochains mois

A plus long terme, est-ce que les prix finiront par rebaisser ? Je n’ai pas de boule de cristal mais je pense qu’on va plutôt vers des hausses. L’évolution des prix dépend d’abord de l’équilibre offre-demande. Sur ce front, en dépit de la crise il n’y a pas eu tellement de faillites mais les compagnies ont supprimé des vols. L’offre ne s’est pas effondrée et si ça va mieux, les compagnies vont recommencer à reproposer un peu plus de places quand la demande repartira. Du coup l’effet sur les prix devrait être relativement neutre. Mais deux facteurs poussent tendanciellement les prix à la hausse, à mon avis.

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Le premier, c’est que la crise a fragilisé les compagnies comme les aéroports. Il y a des dettes à combler, des emprunts à rembourser. Cela devrait limiter la pression de l’intensité concurrentielle. La guerre des prix risque d’être moins vive et limitée au low cost intra-européen à cause de Ryanair. L’autre facteur haussier, c’est la transition écologique. On veut un secteur aérien qui pollue moins, donc les gouvernements imposent des taxes qui pourront atteindre plusieurs dizaines voire centaines d’euros par billet sur le long-courrier pour nous inciter à moins voler. Et on pousse des biocarburants qui coûtent plus cher. Et forcément, ça va se retrouver dans le prix du billet.

David Barroux

 

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