« Napoléon » : c’est l’un des personnages historiques les plus célèbres de l’histoire française mais aussi le titre du 51e film de fiction qui lui est consacré et sort ce mercredi au cinéma. Le directeur général de la Fondation Napoléon Thierry Lentz était l’invité de la matinale de Radio Classique ce mercredi : il estime que le réalisateur Ridley Scott propose une vision désuète de l’empereur.
Après la publication de 200 000 livres dédiés à l’empereur français, soit deux par jour depuis la mort de Napoléon selon les chiffres de Thierry Lentz, l’homme d’Etat ne cesse de fasciner, aussi bien en France qu’à l’international.
En témoigne la réalisation d’un « film hollywoodien » doté de moyens exceptionnels et offrant du grand spectacle, avec à la baguette le célèbre réalisateur Ridley Scott. L’ampleur du phénomène ne surprend pas le directeur de la Fondation Napoléon : « C’est un personnage important » rappelle-t-il simplement.
Le film explore en particulier la relation entre Napoléon et sa première épouse Joséphine de Beauharnais. Les deux personnages « forment un couple très particulier, fusionnel, dans lequel Joséphine domine au début sur le plan privé puis devient complètement dominée par Napoléon ».
Le réalisateur tresse « toute une vie autour de la relation » entre Napoléon et Joséphine
Thierry Lentz tient à rappeler que le film de Ridley Scott prend de nombreuses libertés sur le plan de la fidélité des événements historiques. Joséphine n’a par exemple jamais eu d’influence sur le plan politique. « On nous dit dans le film que Napoléon quitte l’Egypte parce qu’il pense que Joséphine le trompe. Tout cela est une plaisanterie ! » sourit l’historien.
Le directeur de la Fondation Napoléon constate que le réalisateur a décidé de « tresser toute une vie autour de cette relation entre Bonaparte et Joséphine » alors que la réalité est « un peu plus compliquée ».
Une représentation désuète de Napoléon
Au-delà des divers accommodements du film avec la réalité historique, ce dernier porte nécessairement un regard particulier sur Napoléon : celui des Anglo-Saxons. Il s’agit d’un « produit hybride » selon Thierry Lentz, « à la fois un film hollywoodien par les moyens et par toute la communication qui été faite », mais aussi une œuvre réalisée par un cinéaste anglais.
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L’historien estime que Ridley Scott « passe à côté du sujet, y compris sur la vision qu’ont les Anglais de Napoléon aujourd’hui ». Le réalisateur propose une représentation désuète en reprenant la « propagande anglaise du XIXe siècle ». Thierry Lentz regrette que le film donne à voir un Napoléon « caricatural, mal élevé, qui ne vit que par ses sentiments, ne travaille pas et ne réfléchit pas ».
Paul Cassedanne
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